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Où sont passées les casseroles?

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«La nourriture servie dans les CHSLD est adéquate». -Gaétan Barrette

Je ne ferais pas manger à mon chien la nourriture servie dans les CHSLD. Du moins, pas ce que l’on voit sur les photos qui circulent sur les réseaux sociaux. C’est un scandale national.

Ajoutez à cela la canicule. Car si les patrons ont des bureaux climatisés, seulement 10 % des chambres le seraient. Bienheureux les vieux dont le bain hebdomadaire tombait hier.

C’est aussi scandaleux qu’incompréhensible dans un Québec champion canadien des dépenses en programmes de toutes sortes, soit 10 295 $ par habitant contre 8494 $ en Ontario, où la santé fonctionne mieux qu’ici.

Mais ce n’est pas de cela que je veux parler aujourd’hui.

L’autre scandale

Pourquoi il n’y a personne dans la rue? Où sont les casseroles? Où sont les chaînes humaines autour des CHSLD? Où sont les gens en colère? Allô Québec Solidaire? Pourquoi il n’y a personne au parc Émilie-Gamelin pour organiser une farandole nocturne et prêter voix aux aînés qui se taisent, de peur qu’on ne leur enlève le petit peu qu’ils reçoivent?

Que font nos chantres de la justice sociale pour dénoncer le sort fait à ceux qui ont bâti le Québec, aujourd’hui forcés de vivre dans des conditions inhumaines?

J’ai eu beau chercher sur le site de Ricochet, le média chouchou de la gauche au Québec: je n’ai pas trouvé une traître ligne sur le sort réservé aux vieux au Québec. Par contre, le sort qu’on aimerait voir réservé à Richard Martineau est amplement couvert.

Pourquoi le Québec social s’est-il ému pour des étudiants dans la force de l’âge mais regarde dans l’autre direction, quand il s’agit des plus vulnérables parmi les plus vulnérables, les vieux qui ont la mauvaise idée d’être malades?

Sans oublier la «haine» sur internet où j’ai lu hier «meilleur idée: panne de courant généralisée au Québec. 5 jours de canicules. la loi de la nature à son meilleure. épurer ces foyer (sic)»

Et un autre...

La responsabilité des aînés qui ne peuvent plus s’occuper d’eux-mêmes appartient aux familles. Pas à l’État.

Dans ma tribu, nous gardons nos vieux chez nous. Heureusement que leur état de santé le permettait mais il a fallu faire des sacrifices. J’ai refusé un poste à Londres pour m’occuper de mon père. Pas plus vertueuse que les autres, mon sens de la culpabilité est plus développé que la moyenne. Si j’ai pesté contre «l’injustice» d’être enfant unique, vivre l’âme en paix et voir mon père heureux valaient plus qu’une job de rêve dans ma ville préférée.

Les vieux sont abandonnés non seulement par le système, mais par les enfants qui leur doivent la vie. On estime à 10 % le nombre de «bénéficiaires» (je hais ce mot à en vomir) visités régulièrement par leur famille.

Ces histoires de vieux qu’on «crisse» aux urgences le vendredi soir pour avoir une «fin de semaine off» ne sont pas des légendes urbaines.

Ce soir, allez donc voir papa ou grand-maman et apportez-lui un Tupperware de son plat préféré et un ventilateur. Et parlez-lui de la manifestation monstre qui va s’organiser, c’est certain, pour défendre son droit à vivre dans la dignité.

Mais n’oubliez surtout pas de remercier les employés, souvent payés des pinottes, avant de partir. Sans eux, que feriez-vous?

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