/sports/rio2016
Navigation

Monaco, me revoici !

Coup d'oeil sur cet article

Je reviens à peine de l’euphorie de mon titre national, remporté à Edmonton samedi dernier, que je vivrai une autre expérience emballante vendredi dans la douce chaleur de Monaco.

Pour la deuxième année de suite, je participe à l’épreuve de 1500 m du Herculis de Monaco, une rencontre de la prestigieuse Ligue de diamant de la Fédération internationale d’athlétisme. Je fais partie des athlètes invités par les organisateurs et j’étais content lorsque ma participation a été confirmée, le 4 juillet.

Mon agent m’avait dit: «Si tu gagnes le championnat canadien, tu vas voir, ça va t’aider à entrer à Monaco.» C’était une autre affaire pour me mettre de la pression! Heureusement, l’invitation est venue la semaine précédente.

Différent cette année

La course aura une signification différente pour moi cette fois-ci. L’an dernier, c’était un couteau à double tranchant parce que je n’avais jamais connu une course de ce calibre. Je pouvais faire la course de ma vie — ce qui s’est produit — et je pouvais aussi faire la pire, puis revenir de là les mains vides, avec comme conséquence de ne plus jamais me faire réinviter.

On connaît l’histoire: mon chrono de 3 min 34,23 s m’a permis d’atteindre le standard olympique. Ce fut une avancée majeure pour moi, d’autant plus que j’avais pris le pari en me faisant inviter à cette course en payant moi-même mes dépenses.

Cette année, je me suis entraîné tout ce printemps avec en tête qu’à Monaco, il faudrait que je sois capable de courir avec le peloton. L’an passé, j’avais couru à l’arrière, même qu’il y avait un espace entre moi et la queue du peloton. Cette année, je veux être compétitif le plus possible.

Calibre relevé

Ça s’annonce comme une course préolympique de haut calibre. En début de saison, les organisateurs de Monaco disaient souhaiter que leur épreuve de 1500 m se termine avec un nouveau record du monde. Le peloton choisi va être le plus rapide du monde, rien de moins.

Aux Olympiques, il peut y avoir un maximum de trois Kényans, alors qu’à Monaco, il va y en avoir quatre ou cinq. Ce sont tous des gars qui ont déjà couru en 3 min 30 s et moins.

Avec mon titre de champion canadien, je me présente ici sur une bonne lancée. C’est le fun parce que je vais avoir l’impression d’être à ma place. Je vais courir contre les champions nationaux australien, britannique et kényan. Les tops vont être là. Si je n’avais pas été champion national, je n’aurais pas eu l’impression d’être au bon endroit.

Un stade unique

Il y a une belle ambiance à cette rencontre. Le stade Louis-II a une architecture impressionnante qui rappelle celle des châteaux. Il y a près de 20 000 spectateurs qui sont très bruyants.

En plus, la température est parfaite. C’est chaud durant la journée, mais, à 20 h 30, au moment de notre course, le soleil se couche et ce n’est plus suffocant. Les muscles demeurent quand même bien réchauffés. Ce sont des conditions de course idéales, et ce n’est pas pour rien que c’est là qu’on assiste aux chronos les plus rapides de l’année.

Ensuite, je rentre à la maison pour un bon bloc d’entraînement. Monaco me sert d’étape importante pour la suivante: Rio.

— Propos recueillis par Alain Bergeron