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À la rencontre des stars de Youtube

Cynthia Dulude et PL Cloutier comptent parmi les têtes d’affiche de la première édition du festival OhMyFest!.
photo BENoit PELOSSE Cynthia Dulude et PL Cloutier comptent parmi les têtes d’affiche de la première édition du festival OhMyFest!.

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Ce week-end, l’esplanade de la Place des Arts et le Monument-National seront pris d’assaut par une trentaine de YouTubers, ainsi que leurs nombreux abonnés, dans le cadre de l’événement OhMyFest!, premier festival québécois consacré aux stars du web et à leur public.

Coproduit par Zoofest et Le Slingshot, un studio de création de contenu et de représentation pour YouTubers, ­l’événement accueillera plusieurs ­vedettes du web comme Emma Bossé, PL Cloutier, Cynthia Dulude, Alexandra Larouche et Lysandre Nadeau. Si ces noms ne vous disent rien, c’est ­probablement parce que vous avez plus de 30 ans.

«L’an dernier, c’était la première fois que nous nous faisions inviter sur un tapis rouge, dans le cadre de KARV, l’anti.gala, rapporte Cynthia Dulude, en entrevue. Plusieurs de nos abonnés étaient présents. Comme le gala ne revient pas, cette année, c’est l’fun qu’un événement ait été créé pour nous permettre de les rencontrer de nouveau.»

Aujourd’hui et demain, les fans des YouTubers pourront participer à une rencontre sur l’esplanade de la Place des Arts, mais aussi prendre part à des panels de découvertes sur différents thèmes comme le lifestyle, la beauté et l’humour. D’autres événements, comme des cartes blanches exclusives et des entrevues devant public, sont ­également au programme.

«L’événement est inspiré d’autres ­festivals comme la Video City, à Paris. C’est quelque chose qui fait partie de la culture YouTube, nous explique PL Cloutier. D’ailleurs, je suis récemment allé à la VidCon, aux États-Unis, et l’événement comptait 20 000 participants. C’était complètement fou. Je pense donc que c’est une bonne chose que le ­Québec ait son OhMyFest!.»

Popularité

Pour les gens qui n’ont pas l’habitude de consommer des vidéos­­ sur YouTube, l’ampleur du phénomène peut être difficile à saisir. À titre d’exemple, les chaînes de PL Cloutier (186 721 abonnés) et de Cynthia Dulude (463 164 abonnés) comptent parmi la quinzaine de chaînes québécoises, toutes catégories confondues, à avoir franchi le cap des 100 000 fidèles.

«L’an dernier, avec une dizaine de ­YouTubers, nous avions convié nos abonnés à un pique-nique sur les plaines d’Abraham, à Québec, raconte PL Cloutier. À notre grande surprise, environ 600 personnes se sont ­présentées. J’essayais de gérer la foule avec mon mégaphone et avec l’aide de la police. Il y avait un raz-de-marée de jeunes autour de nous (rires). Sérieusement, l’arrivée de OhMyFest! va permettre de structurer nos rencontres avec nos abonnés. C’est rassurant pas seulement pour nous, mais aussi pour leurs parents.»

Gagner sa vie

Cynthia Dulude et PL Cloutier ­donnent dans des styles complètement différents. Elle se concentre sur des conseils mode et beauté (après tout, ­elle est maquilleuse professionnelle), tandis que lui privilégie les chroniques à saveur ­humoristique. Avec sa ­personnalité flamboyante, il a un petit quelque chose qui nous rappelle Éric Salvail.

«Le succès dépend beaucoup du créneau de notre chaîne, explique-t-il. En plus, si on se compare avec des YouTubers de France, par exemple, on réalise rapidement que notre nombre d’abonnés est moins ­important.»

«C’est vrai que le Québec est un plus petit marché, ajoute Cynthia Dulude, qui, tout comme son confrère, peut compter sur plusieurs abonnés ­européens. La popularité est un concept très relatif.»

Malgré tout, les deux YouTubers ­parviennent à bien gagner leur vie. En plus de toucher une partie des revenus publicitaires générés par YouTube, ils ont également développé plusieurs ­projets connexes (le livre Le petit guide de la beauté pour Cynthia et le ­spectacle Bonne fête à moi pour PL, entre autres) et partenariats avec ­diverses entreprises.

«C’est fascinant, le nombre de ­demandes que nous recevons, souligne PL. Les gens sous-estiment la ­popularité des YouTubers auprès des jeunes. Ce n’est pas un phénomène marginal. Plusieurs compagnies veulent donc s’associer à nous, entre autres pour faire de l’intégration publicitaire.»

Une passion

Une chose est sûre, gagner sa vie ­grâce à YouTube demande beaucoup de travail.

«Il faut que ce soit une passion, ­soutient Cynthia, qui ne compte plus les heures investies sur ses vidéos et son blogue dans une semaine. C’est ­réellement un mode de vie.»

«De mon côté, je refuserais tout projet, même en télévision, qui nuirait à ma chaîne YouTube. C’est le choix que j’ai fait, affirme PL. J’ai tellement de ­liberté, sur ma chaîne. Je fais ce que je veux. Ce n’est que du plaisir.»

Tous les détails concernant la ­première édition de l’événement ­OhMyFest! se trouvent à l’adresse ­ohmyfest.com.