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Couillard et l'automatisme anglais

1. Uber écrasé
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark

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L’anecdote pourrait paraître banale, mais elle ne l’est pas : cette semaine, notre premier ministre Philippe Couillard a signé un livre d’or... en anglais. Comme il avait prononcé un discours en Islande toujours dans la langue de Shakespeare en 2014 lors d’un voyage officiel. 

 

Dans un texte du Devoir sont transcrites ses plates excuses. Il plaide « l’automatisme. »  Ne se rendant pratiquement pas compte qu’il est en train d’écrire son message en anglais puisqu'il venait de s'entretenir en anglais. Il faut croire qu’il ne s’en serait peut-être jamais rendu compte si la photo n’avait pas circulé, et qu’il n’y aurait probablement pas vu de problème si des journalistes ne l’avaient pas talonné à ce sujet. 

 

Il a tout de même raison lorsqu’il tente l’excuse de l’automatisme : c’est un automatisme d’assimilation. Un automatisme du Canadien d’abord, dans un Canada où le français est une langue parmi tant d’autres à l’extérieur du Québec, de l’Acadie ou de l’Ontario francophone. Visiblement, Couillard se sent assez à l’aise pour oublier qu’avec ses responsabilités de premier ministre vient aussi celle de représenter son peuple, qui est fort majoritairement francophone, et ce, même si on signe un livre d’or en Allemagne. Visiblement, notre premier ministre semble fort à l’aise dans « l’automatisme » de la mondialisation, qui crée un ensemble linguistique uniforme où le français est un petit caillou au fond d’un soulier. Le Québec français ? Bof, du folklore. 

 

L’automatisme de faire son moderne et son ouvert sur le monde, faisant passer le Québec pour ce qu’il veut vraiment qu’il soit : une province canadienne parmi tant d’autres, et ce, dans la langue de l'Alberta. Le français ? Comme si la langue officielle de sa province, et sa propre langue maternelle étaient un boulet qui disparaissait bien vite lorsqu’il en avait l’occasion. Lorsqu’on voit le laxisme du gouvernement libéral en matière de francisation des immigrants, par exemple, où même sa ministre de l’immigration avouait cette semaine leur « passivité », on peut se demander à quel point le français et le maintient de l’identité québécoise, qui devraient être des priorités non partisanes, ne semblent pas être importantes – une fois de plus — pour notre cher gouvernement.