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Marcel Jobin était un athlète fort populaire en 1976

«Ma 23e place au 20 km marche m’avait valu la page frontispice du Journal de Montréal

Marcel Jobin
Photo d’archives, Pierre Durocher Marcel Jobin est toujours ému en mettant les pieds au Stade olympique.

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Marcel Jobin était une figure populaire dans le monde de l’athlétisme, dans les années 1970, et il avait ressenti beaucoup de pression lors des Jeux olympiques de Montréal.

L’athlète originaire de Saint-Boniface avait terminé l’épreuve du 20 km marche en 23e place avec un temps de 1 h 34 min 33 s.

«Ça m’avait tout de même valu la une du Journal de Montréal, a rappelé Jobin en souriant. À cette époque, des gars comme Claude Ferragne et moi étions pratiquement aussi connus que les joueurs du Canadien.

«Il était beaucoup question de mes performances dans les médias, mais il n’était pas réaliste de parler de médaille dans mon cas, a-t-il poursuivi. C’était fou toute l’attention que les médias m’accordaient. Les photographes me suivaient partout au Village olympique.

«On m’arrêtait pour me parler et j’avais même dû aller dormir chez mon frère à Montréal-Nord afin d’avoir un peu de tranquillité.»

Le jour de l’épreuve arrivé, Jobin était donc nerveux.

«Je voulais trop bien faire et j’avais commencé l’épreuve sur un rythme trop rapide. J’avais manqué de jus à la fin», a commenté l’homme de 74 ans, qui court encore 60 km par semaine.

Un accueil chaleureux

Jobin n’oubliera jamais l’accueil que la foule de plus de 60 000 spectateurs lui avait réservé lorsqu’il s’était présenté à la ligne de départ au Stade olympique.

«Les marcheurs effectuaient deux tours de piste avant de prendre la direction du circuit tracé autour du Jardin botanique et j’en tremblais en m’apercevant en gros plan sur le tableau indicateur.

«Les gens m’encourageaient bruyamment. C’était spécial, surtout en sachant qu’au début de ma carrière, j’étais surnommé «le fou en pyjama» tellement l’athlétisme était méconnu.

«À mon arrivée dans le stade, à la fin de l’épreuve, j’étais le meilleur Canadien et on m’avait accueilli comme si j’avais gagné une médaille. J’en avais la chair de poule. J’avais failli éclater en sanglots», a confié Jobin.

 

« Nous étions de véritables athlètes amateurs » – Marcel Jobin

Marcel Jobin
Photo courtoisie

Marcel Jobin s’est qualifié quatre fois pour les Jeux olympiques, mais ceux de Montréal et de Los Angeles ont été les seuls auxquels il a pris part.

Jobin était à son sommet en 1980, mais le Canada avait malheureusement décidé de boycotter les Jeux de Moscou, tandis qu’en 1972 il avait été victime des réductions budgétaires de la délégation canadienne.

Sacré 13 fois champion canadien au 20 km, Jobin était capa­ble de rivaliser avec les meilleurs du monde.

Il a toujours eu des doutes sur certains marcheurs qui l’ont devancé aux Jeux olympiques de Montréal.

«Disons que les probabilités étaient élevées que les athlè­tes des pays communistes utilisaient des produits dopants, a avancé Jobin. Deux Allemands de l’Est avaient terminé derrière le vainqueur, le Mexicain Daniel Bautista, à Montréal.

«Les petites pilules existaient déjà à cette époque et on l’avait bien vu avec les nageu­ses est-allemandes. Ces athlètes étaient entraînés comme des militaires, contrairement à nous, et les méthodes pour les tests antidopage n’étaient pas perfectionnées.»

Jobin est d’avis que s’il avait pu bénéficier du soutien qu’obtiennent les athlètes canadiens de nos jours, il aurait pu remporter une médaille aux Jeux olympiques.

«Nous étions de véritables athlètes amateurs, à l’époque. J’avais dû prendre un congé sans solde d’un an chez mon employeur, Alcan, afin de m’entraîner intensément en vue des Jeux olympiques de Montréal», a-t-il rappelé.


♦ Il y a 40 ans, du 17 juillet au 1er août 1976, Montréal accueillait les meilleurs athlètes de la planète. Pierre Durocher, qui a couvert les Jeux olympiques pour Le Journal, a réalisé plusieurs entrevues avec des athlètes et des dirigeants ayant vécu cette fabuleuse aventure. Une série de reportages à lire jusqu’au 25 juillet.