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Camille Huard: la fierté des Gaspésiens

Le boxeur de Saint-François-de-Pabos avait réalisé son rêve en participant aux Jeux olympiques en 1976

Camille Huard était un boxeur populaire en 1976.
Photo d'archives Camille Huard était un boxeur populaire en 1976.

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À l’été 1976, le boxeur Camille Huard était l’homme le plus populaire de Gaspésie. Il avait dû faire preuve de beaucoup de détermination pour atteindre les Jeux olympiques.

Neuvième d’une famille de 11 enfants, Huard avait fait la fierté de ses parents en se qualifiant pour le plus grand événement sportif de la planète.

Il fallait le faire quand on sait qu’il avait appris les rudiments de la boxe dans le village de Saint-François-de-Pabos, non loin de Chandler.

«Le club de boxe me donnait 90 $ par semaine pour m’entraîner, a rappelé Huard. Heureusement que mon frère Jean-Marie m’avait beaucoup aidé dans ma préparation au gymnase.

«Ça me motivait de m’entraîner fort près de chez moi. Je ne pensais jamais que j’allais sortir de la Gaspésie pour me retrouver aux Jeux à Montréal.»

Le mal du pays

Ce n’est qu’un an avant les Jeux, soit après s’être qualifié de brillante façon en remportant le championnat canadien dans la catégorie des poids plumes, que Huard avait finalement accepté de se déplacer jusqu’à Montréal afin de s’entraîner sous les conseils du réputé Abe Pervin.

«Il a été très bon pour moi. Non seulement était-il un excellent entraîneur, mais il était humain. Il me permettait à l’occasion de retourner voir ma famille, qui me manquait beaucoup, a raconté Huard. J’étais et je suis toujours resté un Gaspésien pur et dur.»

À la retraite depuis quelques années, Huard possède une fermette à Douglastown, non loin de la ville de Gaspé.

L'ancien boxeur olympique Camille Huard adore la vie sur sa fermette en Gaspésie.
Photo Pierre Durocher
L'ancien boxeur olympique Camille Huard adore la vie sur sa fermette en Gaspésie.

«C’est un si beau coin de pays, a souligné l’homme de 64 ans, qui est père de quatre enfants. Ma maison est située face à la mer. Je savoure le spectacle quotidiennement. Rien ne peut me sortir de la Gaspésie.»

Une défaite, la tête haute

Gaby Mancini, le gérant de l’équipe canadienne olympique, appréciait beaucoup Huard.

«C’était un chic type et un bon boxeur. Il avait livré un bon combat aux Jeux.»

Après avoir été déclaré vainqueur par défaut à son premier combat à la suite du désistement d’un boxeur africain, Huard avait dû affronter le Polonais Leszek Kosedowski, un boxeur qui avait beaucoup plus d’expérience que lui et qui allait mettre la main sur la médaille de bronze.

«J’ai perdu par décision, mais je me souviens que la foule m’encourageait sans cesse et que bien des gens m’avaient crié, à ma sortie du ring, que j’aurais dû être déclaré vainqueur.

«Je ne sais pas si c’était vrai, mais je pouvais être fier de ma performance. J’étais allé jusqu’au bout de mes rêves. Je suis ensuite retourné aux études pour obtenir un diplôme d’éducateur physique. Et j’ai travaillé durant 30 ans dans un Centre d’aide à la jeunesse en Gaspésie.»

Injustice

Des Jeux de 1976, Huard se souvient de la disqualification du boxeur québécois Michael Prévost par l’arbitre.

L’équipe canadienne fondait de grands espoirs en Prévost, qui avait remporté une médaille d’argent aux Jeux panaméricains en 1975.

«J’avais trouvé ça triste et injuste qu’on lui interdise l’accès au Village olympique après sa disqualification. C’était très sévère comme traitement de la part de l’Association canadienne de boxe, a souligné Huard. Prévost ne méritait pas ça.»

► Il y a 40 ans, du 17 juillet au 1er août 1976, Montréal accueillait les meilleurs athlètes de la planète. Pierre Durocher, qui a couvert les Jeux olympiques pour Le Journal, a réalisé plusieurs entrevues avec des athlètes et des dirigeants ayant vécu cette fabuleuse aventure. Une série de reportages à lire jusqu’au 25 juillet.