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Ian Clyde et sa rencontre royale

Ian Clyde a causé une certaine surprise en disposant par K.O. de son adversaire britannique Charles Magri.
Photo d'archives Ian Clyde a causé une certaine surprise en disposant par K.O. de son adversaire britannique Charles Magri.

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Le boxeur montréalais Ian Clyde avait attiré l’attention lors du tournoi olympique de 1976 en atteignant la ronde des quarts de finale.

À la surprise générale, il avait battu par mise hors de combat l’un des favoris chez les poids mouche, le Britannique Charles Magri, ce qui lui avait valu une ovation de la part de la foule à l’aréna Maurice-Richard.

Clyde avait toutefois perdu par décision devant le Cubain Raymond Duvalon, en quart de finale.

«C’était dommage, car je croyais vraiment en mes chances de monter sur le podium, ce qui en aurait bouché un coin à beaucoup de gens», a souligné Clyde, qui s’était fait dire, alors qu’il était enfant, qu’une maladie des os de la hanche risquait de l’empêcher de marcher.

Maintenant âgé de 60 ans et résident de Verdun, Ian Clyde travaille toujours comme entraîneur personnel au club sportif MAA, sur la rue Peel.

L’ancien boxeur Ian Clyde, qui a de bonnes anecdotes à raconter au sujet de sa participation aux Jeux olympiques de 1976, est entraîneur au club MAA.
Photo Pierre Durocher
L’ancien boxeur Ian Clyde, qui a de bonnes anecdotes à raconter au sujet de sa participation aux Jeux olympiques de 1976, est entraîneur au club MAA.

Une photo avec la reine !

Lorsqu’on lui demande de partager ses meilleurs souvenirs des Jeux de 1976, il éclate de rire.

«Vous n’allez peut-être pas me croire, mais je faisais la file avec mon cabaret à la cafétéria du village olympique lorsque j’ai accroché par accident une dame devant moi. C’était la reine Elizabeth II.

«Elle m’a demandé quel sport je pratiquais et elle a paru surprise lorsque je lui ai répondu que j’étais un boxeur [il ne mesure que 5 pi 4 po]. Après lui avoir souligné que j’allais affronter un pugiliste de son pays, Charles Magri, et que j’allais le battre, elle m’a répondu: “On verra bien”.»

«J’avais eu le culot de me faire prendre en photo avec elle et j’avais mis mon bras sur son épaule. On m’avait ensuite fait savoir que personne n’avait le droit de toucher à la majesté...»

Un bon ami de Sugar Ray Leonard

Il s’était lié d’amitié avec le grand Sugar Ray Leonard, l’une des vedettes des Jeux de Montréal.

«On participait aux mêmes tournois internationaux, a-t-il dit. Nous sommes restés en contact. À sa dernière visite à Montréal, il m’a donné un coup de fil pour qu’on se retrouve.

«C’était tout un boxeur. Les autres grands noms de l’équipe américaine étaient les frères Michael et Leon Spinks, et Howard Davis. Les gradins de l’aréna Maurice-Richard et du Forum étaient remplis chaque soir.»

Il avait impressionné Castro

Clyde était l’un des meilleurs boxeurs amateurs au Canada à l’époque et il a eu l’occasion de voyager à travers le monde. Il peut se vanter d’avoir reçu les félicitations de Fidel Castro après avoir triomphé d’un favori à Cuba en 1980.

«J’avais vaincu Juan Bautista Hernandez, le même boxeur qui allait remporter la médaille d’or quelques mois plus tard aux Jeux olympiques de Moscou», a raconté Clyde.

«Castro avait été si impressionné par mon combat qu’il était venu me féliciter en personne, me faisant une étreinte tout en m’offrant un cigare.»

Un boycottage cruel pour lui

Clyde visait la médaille d’or aux Jeux de 1980, mais, malheureusement pour lui, le Canada a boycotté ces Jeux.

«Ce fut cruel, car j’étais alors l’un des favoris dans ma catégorie de poids et c’était mon rêve de triompher aux Jeux olympiques», a raconté ce médaillé d’argent aux Jeux du Commonwealth de 1978 et médaillé de bronze aux Jeux panaméricains de 1979.

«J’ai ensuite entamé une carrière dans les rangs professionnels et j’ai eu la chance de m’entraîner au gymnase du réputé Angelo Dundee, ce qui m’a permis de rencontrer plusieurs fois Muham­mad Ali.

«J’ai réussi à participer à un combat de championnat du monde de l’IBF en 1984 en Corée du Sud, que j’ai malheureusement perdu en 15 rounds contre Soon-Chun Kwon.»

► Il y a 40 ans, du 17 juillet au 1er août 1976, Montréal accueillait les meilleurs athlètes de la planète. Pierre Durocher, qui a couvert les Jeux olympiques pour Le Journal, a réalisé plusieurs entrevues avec des athlètes et des dirigeants ayant vécu cette fabuleuse aventure. Une série de reportages à lire jusqu’au 25 juillet.