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Taillibert n'accepte pas la transformation du vélodrome

«J’aimerais qu’on sorte les pingouins et les perroquets de l’endroit...»

Roger Taillibert aimerait qu’on chasse les pingouins de son vélodrome.
Photo d'archives Roger Taillibert aimerait qu’on chasse les pingouins de son vélodrome.

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L’architecte français Roger Taillibert est venu faire un tour au Stade olympique le mois dernier afin d’assister à l’ouverture d’une exposition soulignant le 40e anniversaire des Jeux de Montréal.

L’homme âgé de 90 ans était moins amer que par le passé lorsqu’on l’a questionné au sujet de ces installations olympiques qu’il a conçues à l’époque et qui ont soulevé tant de controverse et de critiques au cours des dernières décennies.

«Je constate avec plaisir que le magnifique complexe de natation et de plongeon est toujours fort utilisé par les athlètes et que l’Institut national du sport a trouvé sa niche dans le stade, mais j’aimerais bien qu’on chasse les animaux du vélodrome!» a-t-il lancé en grimaçant.

Taillibert n’a jamais digéré, avec raison, cette transformation du vélodrome en Biodôme au début des années 1990.

À ses yeux, le vélodrome représentait un élément essentiel du projet qui a été abandonné au détriment de la jeunesse sportive québécoise.

«Au lieu de livrer ces magnifiques installations à une académie du sport, comme le souhaitait Jean Drapeau, c’est devenu une demeure pour des pingouins et des perroquets...», a-t-il déploré.

Le fameux toit du stade

Il vante toujours la conception du Stade olympique, doté de la plus haute tour inclinée du monde, et il favorise toujours l’utilisation d’un toit rétractable en kevlar pour couvrir le stade, ce qui n’est cependant pas dans les plans de la RIO.

Roger Taillibert aimerait qu’on chasse les pingouins de son vélodrome.
Photo d'archives, AFP

«Il est inadmissible qu’un si beau stade ne serve pas plus souvent pour accueillir de grands événements sportifs», a souligné Taillibert.

Au confrère Jean-Maurice Duddin, il y était allé de ce commentaire lors du 30e anniversaire des Jeux de Montréal: «Vous avez une Ferrari dans les mains, mais vous ne l’utilisez pas parce que vous ne savez pas la conduire.»

Le berceau de la corruption

Ça traduisait bien sa frustration devant le sort réservé à son œuvre.

Au départ, les installations du Parc olympique devaient coûter environ

300 millions de dollars, mais les Québécois se sont retrouvés avec une facture colossale à payer, soit 1,5 milliard.

Une dette que le peuple québécois a mis 30 longues années à rembourser.

Et dire que Jean Drapeau avait déclaré, au début des années 1970, qu’il était aussi impossible que les Jeux produisent un déficit que pour un homme de devenir enceint!

Une déclaration qui a longtemps hanté le maire de Montréal.

«Les travaux de construction du Parc olympique ont malheureusement été le berceau de la corruption au Québec», a rappelé Taillibert, qui possède toujours une maison à Saint-Sauveur, dans les Laurentides.

► Il y a 40 ans, du 17 juillet au 1er août 1976, Montréal accueillait les meilleurs athlètes de la planète. Pierre Durocher, qui a couvert les Jeux olympiques pour Le Journal, a réalisé plusieurs entrevues avec des athlètes et des dirigeants ayant vécu cette fabuleuse aventure. Une série de reportages à lire jusqu’au 25 juillet.