/news/currentevents
Navigation

Jérémy Gabriel se serait contenté d’excuses

Il estime que la victoire de la Commission des droits de la personne contre Mike Ward est surtout morale

Jérémy Gabriel croit que les gens dans les salles de Mike Ward ne réalisaient pas l’impact de ses blagues, alors qu’il a été victime d’intimidation par la suite.
Photo Chantal Poirier Jérémy Gabriel croit que les gens dans les salles de Mike Ward ne réalisaient pas l’impact de ses blagues, alors qu’il a été victime d’intimidation par la suite.

Coup d'oeil sur cet article

Jérémy Gabriel assure avoir mené sa bataille contre Mike Ward par honneur et non pour faire une «passe de cash», et ignore ce qu’il fera des 35 000 $ que doit lui verser l’humoriste.

De passage dimanche sur le plateau de Déjà dimanche, sur les ondes d’ICI Radio-Canada Télé, Jérémy Gabriel a commenté le verdict de culpabilité prononcé contre Mike Ward par le Tribunal des droits de la personne.

« Ma mère aimerait ça être encore mon bouclier. Ça serait beaucoup plus facile pour elle de continuer à prendre la merde pour moi » – Jérémy Gabriel

«Pour moi, c’est surtout une victoire morale. Oui, je vais avoir 35 000 $, mais qu’est-ce que je vais faire avec?» s’est questionné celui qu’on surnomme «le petit Jérémy».

Il a expliqué que même si les dernières années ont été stressantes, il était «logique» qu’il se tienne debout.

«Je me suis battu pour apprendre à parler, pour m’épanouir, pour montrer aux autres handicapés ou aux personnes dans le besoin que tout était possible», a-t-il souligné.

Selon le jeune homme, des excuses de l’humoriste lui auraient suffi pour éviter toute cette bataille juridique. Il a même indiqué que des propositions de médiation avaient été faites, mais que Mike Ward les aurait refusées.

«Michel Grenier [gérant de l’humoriste] et Mike Ward avaient dans la tête que “le petit Jérémy” voulait se faire du cash, qu’il voulait faire une passe de cash, et plein de gens l’ont pensé aussi», a déploré le jeune homme de 19 ans.

Recul

Jérémy Gabriel estime que M. Ward a manqué de jugement en faisant des gags qui le visaient personnellement.

«Un homme de 40 ans et plus, avec une tribune», aurait dû savoir que ce qu’il faisait était «mal», a-t-il insisté.

Celui qui a notamment chanté pour le pape croit que Mike Ward a fait reculer sa bataille pour se faire accepter avec son handicap.

«Moi, je m’étais toujours accepté, mais si des gens rient de ma mort, ça veut dire que ma vie ne vaut pas grand-chose, que je n’ai pas de raison d’être ni de raison d’exister», a confié le jeune homme.

Soutien de ses parents

Jérémy Gabriel a souligné le soutien de ses parents.

«Ma mère aimerait ça, être encore mon bouclier. Ça serait beaucoup plus facile pour elle de continuer à prendre la merde pour moi», a-t-il confié.

Rappelons que Mike Ward a été condamné le 20 juillet à verser 35 000 $ à Jérémy Gabriel, surnommé «le petit Jérémy», atteint du syndrome de Treacher Collins, et 7000 $ à sa mère, Sylvie Gabriel.

«Les gens dans les salles de Mike Ward, ils ne se rendaient pas compte jusqu’où ça allait. Pis les gens qui ont ri de moi à l’école secondaire, qui m’ont écœuré, ce sont des jeunes», a-t-il rappelé.

Il dit encore aujourd’hui ne pas comprendre pourquoi des gens se rangent derrière l’humoriste. Il a notamment fait référence à l’Olivier de l’année remporté par Mike Ward.

«J’ai ri beaucoup quand Mike Ward a gagné le vote populaire. Je pense que c’était une façon d’aller le réconforter de quelque chose dont il n’était pas victime», a-t-il dénoncé.

Le Tribunal a jugé que les propos tenus par l'humoriste sur le handicap du jeune homme entre 2010 et 2013 «avaient porté atteinte à son droit à la sauvegarde de sa dignité, de son honneur et de sa réputation».

L’humoriste a par la suite annoncé sur les réseaux sociaux son intention de faire appel du jugement.