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La vie est un jeu vidéo

On court, on court, et on ne comprend plus rien...

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Pas étonnant que les jeux vidéo connaissent un tel succès, supplantant toutes les autres formes de «divertissement» au palmarès.

C’est une métaphore parfaite de la vie au XXIe siècle.

LA COURSE À OBSTACLES

Vous courez, vous courez, et vous ne savez jamais ce qui va vous tomber sur la tête.

Une crise économique, un attentat, une faillite, un ­divorce, un scandale public, une épidémie...

Vous réussissez à contourner tous les pièges qui se présentent devant vous? Parfait, bravo!

Mais vous savez que ça ne durera pas. ­Bientôt, dans quelques minutes, peut-être, le destin vous rattrapera et vous enverra une gifle en pleine figure.

Et si jamais vous réussissez — par miracle — à vous rendre à la fin du niveau, ne vous pétez pas les bretelles.

Le niveau suivant sera encore plus dur, plus éprouvant, plus dangereux et plus essoufflant.

Hors de question de vous reposer sur vos lauriers. La vie est une course qui finit au cimetière. Plus vous jouez, plus vous franchissez d’obstacles, et plus les risques de vous péter la gueule augmentent.

Et cela, sans compter sur les autres joueurs qui rêvent juste que vous mordiez la poussière pour vous dépasser...

Vous ne pouvez compter que sur vous.

LE JOUR DE LA MARMOTTE

Oui, parfois, vous pouvez tomber sur une étoile qui vous donne les forces nécessaires pour abattre vos ennemis et contourner tous les pièges sans rien craindre, mais ça ne dure jamais longtemps.

Quelques secondes de surf, et le vent tourne.

Pour reprendre le titre d’un film du réalisateur allemand Werner Herzog, c’est «chacun pour soi et Dieu contre tous».

«Tiens, une tuerie a fait 84 morts à Nice...»

Mais vous avez à peine le temps de verser une larme, vous devez courir, courir...

L’hôpital, l’école, l’hypothèque, taxes scolaires, taxes foncières, comptes d’Hydro, les impôts, crise d’ado, les journaux, les enfants, les parents...

Et on court, et on court...

Et on a l’impression que rien ne se règle, que les problèmes de cette année sont les problèmes de l’année dernière qui étaient les problèmes d’il y a deux ans, qu’on est prisonnier du jour de la marmotte, que les partis se suivent et se ressemblent, que les obstacles qui se dressent devant nous sont de plus en plus gros et notre pouvoir, de plus en plus petit...

Plus les politiciens sont impuissants à résoudre les problèmes qui nous affectent, plus ils mettent l’accent sur leur vie privée, regardez mes enfants, regardez ma femme, regardez mon compte de banque, regardez mon look, regardez mes vêtements...

Et on court, et on court, et on ne comprend plus rien...

CHEZ SOI

Pas étonnant non plus que tout ce qui concerne les «arts de vivre» soit si populaire: la cuisine, la déco, le jardinage...

On essaie juste d’être heureux, une petite maison, un BBQ, un petit jardin, un établi, une cave à vin.

Pouvons-nous au moins avoir la paix chez nous? Juste un endroit tranquille où l’on peut respirer sans regarder par-dessus notre épaule.

Mais pour payer cette oasis, il faut travailler.

Et on court, et on court, et on court.

Et des pierres grosses comme ça tombent à gauche et à droite...

 
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