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Le Québécois qui fait rire en anglais

Dans son spectacle 43.0, l’humoriste aborde sa vie de père et de citoyen du monde

Derek Seguin
Photo Courtoisie Zoofest Derek Seguin
Humoriste

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Parmi les humoristes qui font parler d’eux du côté anglophone ces temps-ci, il y a Derek Seguin. Jouant volontairement en anglais avec un accent prononcé, le Québécois a trouvé la clé pour se démarquer.

Son nom n’est pas encore très connu au Québec, mais l’humoriste Derek Seguin voyage déjà énormément à l’extérieur de la province. «Dans les quatre dernières semaines, j’ai été au Yukon, à Moncton, Halifax, Iqualuit, Vancouver et Ottawa», énumère-t-il.

Participant à Zoofest ce mois-ci, Derek Seguin y présente le spectacle 43.0, dans lequel il aborde sa vie de père de trois enfants et de «citoyen du monde». «J’y mets aussi un peu de «décoration sexuelle» pour divertir un peu», ajoute-t-il.

Sur scène, l’humoriste parle généralement en anglais avec un fort accent québécois. «Quand je joue à l’extérieur du Québec, j’exagère mon accent pour que les publics comprennent que mon point de vue est québécois, de façon géographique», expli­que-t-il.

Il mentionne aussi jouer de cette façon parce qu’on lui laisse plus de liberté de dire ce qu’il veut. «C’est comme si les Anglais trouvent ça normal qu’un Québécois dise des bêtises politiquement incorrectes et qu’ils l’acceptent mieux que si ça venait d’un “gars blanc” anglophone.»

Aspect improvisé

Ce que Derek Seguin aime de l’humour anglophone, c’est son aspect plus improvisé. «En français, je sens qu’on s’attend à des textes plus rodés ou appris par cœur, dit-il. Le stand-up en anglais, je trouve qu’il y a un aspect plus «dans le moment».»

Inspiré par les Richard Pryor, Louis C.K., Jerry Seinfeld et Robin Williams, Derek Seguin se définit comme un «raconteur». «Je pense que mon humour est très canadien, mais aussi universel, dit-il. Je trouve que je suis très bien reçu partout où je vais au Cana­da et aux États-Unis. J’ai même des fans en Europe.»

Quel conseil donnerait-il à d’autres humoristes francophones qui hésitent à jouer en anglais? «Si on est capable de parler en anglais, on devrait essayer. L’expérience avec les publics anglophones est différente des francophones. Il faut quasiment le vivre pour voir la différence.»

«Il y a aussi le fait qu’on multiplie notre marché potentiel par 100 si on peut faire la job en anglais et en français», ajoute-t-il. Pourquoi s’en passer?

► Derek Seguin présente son spectacle 43.0 mardi soir et vendredi, à 21 h, aux Katacombes. Pour plus de détails: zoofest.com.