/opinion/columnists
Navigation

Hillary au cœur du cauchemar démocrate

Hillary au cœur du cauchemar démocrate
Photo AFP

Coup d'oeil sur cet article

C’est la catastrophe chez les démocrates. Wikileaks a diffusé 20 000 courriels, dont 7500 signés par Mme Clinton, qui prouvent que le Parti démocrate a magouillé pour écarter Bernie Sanders de l’investiture, alors qu’il a une obligation de neutralité absolue.

Ce n’est pas la démission de la présidente du parti, Debbie Wasserman Schultz, qui va changer la donne. Les partisans de Bernie Sanders ont raison d’être furieux. Ils ne se tairont pas.

Ingérence russe ?

De leur côté, les répu­blicains martèlent depuis des mois qu’Hillary Clinton est une menteuse et une intrigante. Voilà que la preuve leur est livrée sur un plateau d’argent, ce qui a dû les propulser dans la stratosphère de la béatitude politique.

Mais avaient-ils des complices?

Même les femmes se méfient d’elle depuis qu’elle a choisi de rester avec un homme qui l’a humiliée à l’échelle planétaire.

Les Russes, semble-t-il, auraient hacké les ordinateurs du Parti démocrate et remis les courriels incriminants à Wikileaks, qui s’est fait un plaisir de les diffuser à la veille de la convention démocrate. Plusieurs experts en cybersécurité indépendants y voient la main de la Russie qui, elle, voit d’un bon œil l’élection de Donald Trump à la présidence.

Vladimir Poutine pousserait-il l’arrogance jusqu’à se mêler directement de la campagne électorale américaine ? C’est plausible. Le FBI enquête.

Surtout depuis que Trump a déclaré qu’il ne viendrait pas nécessairement au secours des États baltes voisins de la Russie, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, si ces derniers étaient envahis par les Russes, alors que les règles de l’OTAN obligent les États-Unis à s’engager dans ce sens.

De plus, Paul Manafort, le directeur de campagne de Donald Trump, a conseillé de 2003 à 2010 le président ukrainien prorusse déchu, Viktor Yanu­kovych, un proche de Poutine en exil en Russie.

Trump et Poutine se ressemblent à bien des égards. De tempérament auto­cratique, ils affichent un nationalisme exacerbé et rêvent de restaurer coûte que coûte la grandeur passée de leur pays. Même s’il faut se mettre le reste du monde à dos pour y arriver.

Difficile de l’aimer

Hillary Clinton est peut-être la pire candidate possible pour le Parti démocrate dans le contexte actuel. Elle a beau miser sur son expérience en politi­que et sur celle de son colistier, Mike Kaine, une bonne partie de l’électorat rejette les politiciens professionnels et rêve de sang neuf et de changement radical.

Difficile de cerner Hillary Clinton, même après toutes ses années sous les projecteurs. Son ambition dévorante éclipse tout le reste. Même les femmes se méfient d’elle depuis

qu’elle a choisi de rester avec un homme qui l’a humiliée à l’échelle planétaire pour ne pas nuire à sa carrière politique. Les Américains qui voteront Clinton en novembre le feront surtout pour écarter Trump du pouvoir. Pas parce qu’Hillary inspire admi­ration, confiance et respect.

Si jamais Trump est élu, ce que je crains, les démocrates n’auront qu’eux-mêmes à blâmer. Les Américains sont de nouveau en mode révolutionnaire. Mais au lieu de vouloir chasser les Anglais, ils visent cette fois les élites déconnectées dont Hillary Clinton est une fière représentante depuis 1993.