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Une coroner veut bannir totalement l'utilisation du cellulaire dans un véhicule

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La coroner Renée Roussel propose une législation plus sévère pour bannir complètement l’utilisation du cellulaire au volant, même les systèmes mains libres, à la suite d’un accident mortel au Bas-Saint-Laurent.

Le 29 novembre dernier, Florilda Castonguay, une dame de 75 ans, a été happée mortellement dans le dos par un véhicule alors qu’elle se promenait dans une rue sans trottoir à Saint-Alexandre-de-Kamouraska.

Un autre accident mortel lié à l’usage du téléphone au volant: un moment d’inattention causé par un message texte reçu lorsqu’il était au volant avait entraîné le décès de Jonathan Jobin sur l’autoroute Laurentienne, à Québec, en mars 2013.
photo d’archives
Un autre accident mortel lié à l’usage du téléphone au volant: un moment d’inattention causé par un message texte reçu lorsqu’il était au volant avait entraîné le décès de Jonathan Jobin sur l’autoroute Laurentienne, à Québec, en mars 2013.

Selon l'information recueillie par les policiers, le conducteur aurait été «distrait» par le passager à bord de son véhicule ainsi que par son téléphone cellulaire «tel qu'en témoigne le relevé de son fournisseur de service cellulaire.»

Dans son rapport, la coroner Renée Roussel indique que le cellulaire, manipulé ou pas au volant, s’avère dangereux et devrait possiblement être complètement banni.

«Bien que le système Bluetooth permette de rendre les communications cellulaires au volant moins illégales et périlleuses, ça reste encore une source de distraction qui cause des accidents», note la coroner.

Brouiller les ondes

La coroner déplore le manque de mordant de la Cour qui n'a pas permis de tenir une personne criminellement responsable de la mort d'une autre en raison de l'usage d'un cellulaire au volant.

Elle note que le pire pour un conducteur pris en faute «est une amende de quelques dollars assortie à quelques points d'inaptitude.»

«J'en viens à penser qu'il faudra probablement des solutions technologiques (brouillage des ondes cellulaires à bord des véhicules par exemple) plutôt qu'éducatives pour venir à bout du danger que cela représente», indique-t-elle dans son rapport.

Une rue sans trottoir

<b>Florilda Castonguay</b><br />
Décédée
Photo courtoisie
Florilda Castonguay
Décédée

Renée Roussel déplore également l'absence d'un trottoir où l'accident s'est produit. Selon elle, «s'il y en avait eu, Mme Castonguay ne se serait pas promenée dans la rue et l'accident ne serait pas produit.»

La coroner avance aussi que le non-respect des règles de sécurité qui veulent que les piétons marchent face à la circulation lorsqu'ils circulent dans la rue a joué un rôle dans cet incident.

Éviter les distractions au volant

Audrey Chaput, porte-parole pour la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), n’a pas voulu réagir directement au rapport du coroner Roussel avant d’en avoir pris connaissance.

Elle a tout de même précisé que lorsque la loi est entrée en vigueur en 2008, le gouvernement avait choisi de se limiter à l’interdiction du cellulaire en main pour des raisons pratiques.

«C’était une question de difficultés d’application pour les policiers. Si quelqu’un est dans sa voiture en train de chanter ou de se parler tout seul, le policier n’est pas toujours en mesure de faire la distinction», explique Mme Chaput.

La porte-parole de la SAAQ note toutefois que l’organisme prône depuis des années l’absence de distraction au volant, ce qui comprend les outils de téléphonie cellulaire avec un système mains libres.