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Maïs : plus gros, plus nombreux !

Bloc blé d'inde
Photo courtoisie Steven Raichlen

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Quiconque fait de l’histoire économique finit par étudier l’histoire de l’agriculture. Puisque l’agriculture a représenté le principal domaine d’activité économique pour la majorité de la population jusqu’à la seconde moitié du 19ème siècle (et encore aujourd’hui dans certains pays), c’est un peu inévitable.

C’est pourquoi je me sens forcé de réagir à cet article du Journal de Montréal qui titre « des épis de maïs plus petits et moins abondants cette année ». Je ne sais si, relativement à l’an passé, c’est vraiment le cas. Mais je peux vous dire qu’en étendant notre horizon plus loin en arrière, cette nouvelle semble être triviale.

Premièrement, le maïs que vous connaissez n’est pas celui que vos ancêtres ont connu. En fait, l’épi de maïs commun cultivé au Québec au 19ème était généralement plus court tout comme son diamètre. Ainsi, il y avait moins de grains par maïs (voir image ici).  Les historiens économiques Alan Olmstead et Paul Rhode ont bien documenté le processus d’innovation biologique entreprise par plusieurs agronomes américains et européens afin de transformer le maïs. Dans Creating Abundance (un de mes livres préférés qui témoigne en détail de l’inventivité humaine), ils documentent abondamment comment des maladies, des infestations et des crises climatiques ont forcé les agriculteurs à modifier biologiquement les plantes qu’ils cultivaient. C’est notamment avec des nouveaux de genre de maïs que plusieurs régions plus arides de l’ouest américain ont pu être colonisé (lire : l’état du maïs de l’Iowa).

Deuxièmement, les nouvelles techniques de production agricole ont aussi augmenté dramatiquement la productivité agricole. Je suis sûr que tout le monde peut concevoir que nous récoltons davantage de maïs aujourd’hui par acre de terrain qu’il y a 150 ans. Mais je ne suis pas sûr qu’il y ait beaucoup d’individus qui peuvent s’imaginer l’ampleur de cette augmentation.  Deux fois plus ? Non, sept fois plus! Aux États-Unis, la récolte par unité de terre est maintenant sept fois plus importantes qu’elle ne l’était il y a 150 ans ! Au niveau mondial, depuis 1960, l’augmentation est d’un facteur de 2.5! C’est considérable !

Peut-être que relativement à l’an passé, les maïs sont devenus plus petits et plus rares, mais relativement au siècle passé, c’est l’inverse ! Et cette augmentation est un témoignage à l’inventivité humaine qui nous permet de relativiser la nouvelle et de s’imaginer que ça peut être facilement renversé.