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Un poète public en ville

Un poète public en ville
Photo Camille Dufétel

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Depuis quelques semaines sur la rue Prince Arthur, un jeune poète aux allures de dandy s’installe derrière son petit bureau et sa machine à écrire et rédige des écrits sur mesure aux passants.

«Au début je pensais être itinérant dans la ville, explique Robert Séguin, 26 ans, dans une entrevue parfois aussi excentrique que son personnage. Je trouvais ça génial de voir des ambiances différentes, mais j’ai été tellement bien accueilli ici dès le départ que j’ai décidé de toujours revenir là.»

Tous les soirs quand il fait beau, le poète s’assoit près du Carré Saint-Louis, sur la rue Prince Arthur au croisement avec l’Avenue Laval. Il reste silencieux, écoute les souhaits des passants curieux et leur rédige des poèmes.

«Depuis que je sais écrire je pense que j’écris de la poésie, pointe-t-il. Elle redonne de la liberté autant aux gens qu’aux mots. Je le fais spécialement dans la rue parce que pour moi c’est quelque chose qui se passe avec les gens : dans ce monde où l’information va si vite, c’est important de prendre le temps de les rencontrer.»

Compositions libres

Un poète public en ville
Photo Camille Dufétel

Le jeune auteur attire les regards des badauds sur cette rue piétonne très passante. «Parfois les gens me donnent un thème, parfois on me raconte une histoire et on me dit : “Ça me ferait du bien que tu la mettes en poème”. D’autres fois on me demande la poésie du moment, les gens ont juste envie de voir ce que j’écris.»

Le poète indique qu’«il n’y a pas de prix». «Ce serait vraiment un tue l’amour et contre-poétique, ajoute-t-il. Les gens me laissent ce qu’ils veulent, parfois ce sont des cadeaux, des invitations, une contribution volontaire qui finit dans les poches de mon propriétaire et sur les étagères du frigo.»

Il dit avoir étudié les lettres et imaginé son concept il y a plusieurs années avant de «perdre beaucoup de cheveux» dans un diplôme en ébénisterie et de revenir à ses premières amours. «J’ai besoin d’écrire, ça m’apporte du bonheur. Ça ne se comprend peut-être pas si on n’a pas cet appel des mots, mais quand on l’a et qu’on ne le fait pas c’est comme un deuxième cœur qui s’atrophierait. Après avoir fini mon diplôme, j’ai vu qu’un poète public existait déjà à Paris. J’ai acheté une machine à écrire et peu de temps après j’étais ici.»

Poésie visuelle

Un poète public en ville
Photo Camille Dufétel

L’attirail «vintage» de Robert Séguin n’a pas été choisi au hasard. «Il faut se démarquer, c’était très important que tout ça soit aussi un élément de poésie visuel, je n’allais pas juste m’assoir sur un banc de parc». Le poète dit ainsi proposer «un moment différent».

«Je pense que la poésie peut encore faire vivre la langue, le langage, ouvrir l’esprit des gens, leur imagination et ça fonctionne avec eux», conclut celui qui prévoit de rester là tout l’été.

 

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