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Subventionnons la Rrrrévolution!

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Les subventions, c’est comme les coquerelles. Elles résistent à tout. Que ce soit la gauche, la droite ou le centre mou qui demande une aide financière, il y a toujours un ministre pour dire «oui, merci, et surtout n’oubliez pas notre logo».

Le 9 août, 50 000 représentants de la grande gauche internationale débarqueront à Montréal pour le Forum Social Mondial, le Davos des pauvres, tenu pour la première fois dans un pays riche et accommodant avec l’argent public.

Le FSM dit ne pas collaborer avec des individus et des entreprises qui appuient l’occupation et la colonisation israéliennes.  Mais n’a aucun scrupule  à accepter de l’argent de gouvernements pro-Israël.

Grâce à la générosité des contribuables, des groupes comme Tendance bolchévique internationale et le Mouvement mondial de paix par l’adoption du Calendrier des Treize Lunes débattront autour du thème «Un autre monde est nécessaire».

On ne sait trop combien le fédéral a contribué au FSM. Le Québec, via le Secrétariat à la métropole, a promis 100 000 $. La Ville de Montréal apparaît aussi dans la liste des «partenaires engagés».

Les montants sont petits, mais c’est une question de principe. Payer pour se faire démolir, voilà une drôle d’idée.

Parmi les 1163 comités «autogérés» participants, on trouve des groupes écologistes raisonnables et des melons d’eau (vert en dehors, rouge en dedans), des congrégations religieuses, des ONG respectables, d’autres moins, des pacifistes, des négationnistes du 11 septembre, des promoteurs de théories du complot et même des organismes qui soutiennent le terrorisme, incluant des groupes ouvertement antisémites.

L’obsession d’Israël

Le FSM a pris quatre engagements envers les participants: être écoresponsable, sécuritaire, accessible et de varger autant que possible sur Israël en promettant «un monde sans apartheid». Dans toute la littérature officielle du FSM, seuls les Palestiniens sont nommés expressément. Pas les Syriens, pas les Vénézueliens, pas les Yazidis, pas les Congolais, pas les Rohingyas, pas les Nord-Coréens. Pourtant, la liste des peuples qui souffrent est longue.

Beaucoup de temps et d’espace seront consacrés au mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre Israël, à l’encontre de la politique officielle du Canada, du Québec et de la Ville de Montréal. Le gouvernement de Justin Trudeau a voté une motion contre BDS en février dernier. Le ministre Jacques Daoust ainsi que le président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, reviennent de mission en Israël et le maire Coderre n’a jamais caché son impatience envers BDS.

Le FSM dit ne pas collaborer avec des individus et des entreprises qui appuient l’occupation et la colonisation israéliennes. Mais n’a aucun scrupule à accepter de l’argent de gouvernements pro-Israël.

Les vrais enjeux

Les Palestiniens ont toujours servi de ballon de football pour les activistes de gauche. Ce n’est pas tant la cause palestinienne qui les motive que son potentiel de dissension planétaire. J’ai lu récemment Palestine, des entretiens avec Noam Chomsky et Ilan Pappé, des intellectuels de gauche opposés à l’existence d’un État pour les Juifs.

À la question «seriez-vous solidaire d’une Palestine néolibérale si tel était le choix des Palestiniens?», la réponse était claire: «en effet, il faudrait revoir... l’idée de solidarité».

Naomi Klein, invitée au FSM, a le mérite d’être franche: régler les changements climatiques doit impérativement passer par un changement de système, mais sans jamais préciser l’alternative envisagée.

Ces débats finissent toujours par opposer capitalisme et libéralisme passablement amochés au vieux rêve discrédité du marxisme, du socialisme, du communisme qui ont tous en commun le recours à la répression pour garder le peuple dans le rang.

Si la gauche a de meilleures idées que celles des taches de l’Histoire que furent Lénine, Staline, Pol Pot, Mao, Castro ou Chavez, qu’elle le dise!

Nous en aurions au moins pour notre argent.