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Olymel abolit 340 emplois à son usine de Saint-Hyacinthe

Le désossage des porcs sera transféré dans d’autres usines pour augmenter l’efficacité

Luc Girouard, 22 ans, espérait accomplir une bonne partie de sa carrière chez Olymel. Mais avec ces coupes, il devra peut-être revoir ses plans.
Photo collaboration spéciale, Bruno Beauregard Luc Girouard, 22 ans, espérait accomplir une bonne partie de sa carrière chez Olymel. Mais avec ces coupes, il devra peut-être revoir ses plans.

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SAINT-HYACINTHE | Des employés en colère et surpris marchaient la tête basse à la sortie de l’usine Olymel de Saint-Hyacinthe vendredi après avoir appris que 340 d’entre eux allaient perdre leur emploi d’ici septembre 2017.

Luc Girouard, qui travaille chez Olymel depuis deux ans à peine, faisait des plans d’avenir, lui dont le salaire atteint 17 $ l’heure.

«J’essaie de faire l’achat d’une maison, mais là, ça chamboule pas mal ces plans-là», a souligné M. Girouard, à la sortie des installations de l’entreprise.

Cette usine s’occupe du désossage de porc.

Vendredi, l’entreprise a annoncé qu’elle transférera cette activité dans les établissements qui s’occupent d'abattage et de découpe, ce qui augmentera l'efficacité des opérations et réduira considérablement les coûts.

En avril, 78 employés avaient été mis à pied de façon temporaire à la suite d’une baisse du carnet de commandes et par la prolongation de la fermeture du marché russe.

«Olymel nous avait dit qu’il ne fermerait pas l’usine», raconte Luc Girouard, désosseur dans les installations de la rue Saint-Jacques.

Le jeune travailleur de 22 ans espérait faire une partie de sa vie au sein de cette usine qui est la propriété d’Olymel depuis 25 ans, mais il devra revoir ses plans.

<b>Sylvain Chassé</b><br />
Employé
Photo collaboration spéciale, Bruno Beauregard
Sylvain Chassé
Employé

Sylvain Chassé, lui, prend la nouvelle avec philosophie. Il a confiance de réussir à se replacer au sein de la compagnie.

«On est comme une grande famille, on a développé des liens d'amitié ensemble, on va être capable de se relever de tout ça», dit-il.

La façon olymel

Le président du syndicat, Sylvain Gagnon, ne décolérait pas vendredi matin. «C’est du vrai Olymel, c’est leur manière d’agir.»

Ce dernier a appris la mauvaise nouvelle jeudi à 16 h 45. Après 34 ans d’emploi, son avenir est incertain au sein de l’entreprise.

«La façon qu'ils ont pour nous remercier: “Tiens, bye! Tu perds ta job dans un an”», déclare M. Gagnon, du Syndicat TUAC local 1991.

«Il s'agit d'une décision difficile, mais nécessaire pour réunir les conditions d'efficacité et de rentabilité qui nous permettent de maintenir un très grand nombre d'emplois à travers l'ensemble de nos opérations, et même d'en créer de nouveaux», rapporte dans un communiqué de presse Richard Nadeau, président-directeur général.

Un plan de mutation

L’entreprise, qui célèbre son 25e anniversaire cette année, gardera ses activités liées au fondoir, qui sert à la fabrication du saindoux, ainsi que des activités liées à l'entreposage de produits congelés, ce qui permettra le maintien de 70 emplois, incluant une dizaine de cadres.

Un comité de reclassement sera formé afin de muter les employés dans un rayon de 70 kilomètres. Ils pourront conserver leur ancienneté, souligne l’entreprise.

«Moi, je pense que j’ai peut-être des chances de me faire muter, car je suis quand même jeune, mais ce n’est pas tout le monde qui va avoir de la facilité comme cela de se sortir de là», a raconté Luc Girouard.

 

Olymel au Québec

  • 14 usines
  • 8000 Employés
  • Chiffre d’affaires de 3 milliards $

 

Ce qu’ils ont dit

 
Luc Girouard, 22 ans, espérait accomplir une bonne partie de sa carrière chez Olymel. Mais avec ces coupes, il devra peut-être revoir ses plans.
Photo d'archives

«J’ai rencontré le président d’Olymel, Réjean Nadeau, mercredi matin, et il m’a annoncé la mauvaise nouvelle. C’est clair que ce n’est pas une bonne nouvelle pour Saint-Hyacinthe.»

- Claude Corbeil, maire de Saint-Hyacinthe

 

 

Luc Girouard, 22 ans, espérait accomplir une bonne partie de sa carrière chez Olymel. Mais avec ces coupes, il devra peut-être revoir ses plans.
Photo d'archives

«Je pense que c’est une bonne nouvelle malgré tout pour les employés, car la firme Olymel s’est engagée à les relocaliser. Moi, ce qui me préoccupe le plus, c’est que les emplois soient maintenus dans ma circonscription.»

- Chantal Soucy, députée de Saint-Hyacinthe

 

«C’est assez ordinaire, la façon d’agir. Olymel essaie d’être un bon citoyen corporatif (en nous offrant des emplois dans d’autres usines), mais ça ne me tente pas d’aller désosser du poulet de soir ou de nuit.»

- René Bousquet, un employé ayant 26 ans d’ancienneté