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Le volleyball canadien sous la coupe des Hoag

Nicholas Hoag et son père Glenn savourent l’expérience olympique en famille. Hier, ils ont immortalisé leur passage à Rio avec une photo devant les incontournables anneaux olympiques au Village.
photo courtoisie Nicholas Hoag et son père Glenn savourent l’expérience olympique en famille. Hier, ils ont immortalisé leur passage à Rio avec une photo devant les incontournables anneaux olympiques au Village.

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RIO DE JANEIRO | Pour la première fois depuis les Jeux olympiques de Barcelone en 1992, le Canada est représenté en volleyball masculin à Rio. Son premier match sera disputé dimanche après-midi contre la formation américaine au stade Maracanazinho.

Si le Canada a repris sa place dans l’élite mondiale du volleyball, c’est surtout grâce au travail d’un inlassable Québécois, Glenn Hoag, qui a su relancer le programme tout en poursuivant sa carrière d’entraîneur en Turquie.

Ce qui rend l’histoire encore plus intéressante est le fait que son fils Nicholas est membre de cette équipe olympique.

Il est l’unique joueur québécois dans la formation et aussi le plus jeune, à 23 ans.

Originaire de Sherbrooke, Nicholas Hoag est un grand bonhomme de 6 pi 5 po qui s’est illustré ces dernières années comme attaquant sur le circuit professionnel en France, soit avec les équipes de Tours et de Paris.

«Participer aux Jeux est la réalisation d’un rêve pour moi, mais le faire aux côtés de mon père en fait un événement encore plus spécial à vivre», a confié Nicholas avant d’aller prendre des photos souvenirs avec son paternel devant les anneaux ­olympiques, au Village.

Pas de traitement de faveur

Quel que soit le sport, il n’est jamais facile pour un père de diriger son fils. On a demandé à Nicholas de nous décrire sa relation avec son ­entraîneur.

«Il se montre parfois dur à mon égard, mais je n’en fais pas une affaire personnelle, a-t-il expliqué. Je préfère cette attitude. Je ne voudrais pas qu’il fasse preuve de favoritisme à mon endroit. Je tiens à ce qu’il me traite de la même façon que les ­autres.

«Mon père, je l’adore, a-t-il poursuivi. Il y a un respect mutuel entre nous. On mène notre carrière chacun de notre bord et je trouve cela génial de nous retrouver ici pour participer au tournoi olympique.»

La cérémonie d’ouverture

Glenn Hoag avait pris part au tournoi des Jeux de Los Angeles en 1984, où le Canada avait enregistré le meilleur résultat de son histoire en obtenant une quatrième place.

«C’est maintenant à mon tour de vivre l’expérience olympique et j’entends la savourer pleinement», a expliqué Nicholas, qui a participé à la cérémonie d’ouverture aux côtés de son père, vendredi soir, au stade Maracana.

«C’est quelque chose dont je vais me souvenir pour le reste de mes jours», a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Nicholas Hoag aimerait bien que la participation canadienne aux Jeux de Rio ait des effets positifs sur le développement du volleyball au pays, un sport spectaculaire qui est surtout pratiqué dans nos établissements scolaires.

Il gagne bien sa vie

«Il n’existe pas de ligue professionnelle au Canada et il faut donc gagner notre vie en jouant en Europe, a-t-il raconté. Les choses vont bien pour moi.

«J’ai aidé mes équipes à remporter des championnats en France et j’ai décidé de relever un nouveau défi cette année en signant un contrat avec l’équipe de Milan. Le calibre de jeu est le meilleur au monde en Italie et ce sera bon pour mon développement», a expliqué ­Nicholas.

Il n’a pas dévoilé son salaire, mais il a mentionné que les meilleurs joueurs peuvent toucher jusqu’à un million de dollars par an dans les ligues européennes.

«On est dans la poule de la mort»

L’équipe canadienne peut-elle causer une surprise au tournoi de volleyball masculin?

«On fait partie du groupe A avec l’Italie, la France, le Brésil, les États-Unis et le Mexique, et on le surnomme “la poule de la mort”, a lancé Nicholas Hoag. On croit néanmoins en nos chances, parce qu’on forme une équipe soudée.

«Il faut se classer parmi les quatre premiers de notre groupe pour accéder à la ronde suivante, a-t-il précisé. C’est faisable, parce que l’équipe a beaucoup progressé. On sait qu’on peut battre les Américains. On a adopté l’attitude “qu’on s’en va à la guerre”.»

Glenn Hoag est l’entraîneur-chef de l’équipe nationale depuis 10 ans et il a enfin vu ses efforts récompensés avec cette participation aux Jeux olympiques. Il espère maintenant que ses joueurs connaîtront un bon tournoi à Rio.

Une bonne relève

Hoag a réussi à relancer le programme de volleyball au Canada en insistant notamment sur l’importance d’établir un centre national d’entraînement, qui est situé à Gatineau.

«L’élément-clé a été de créer une culture pour ce sport au Canada et d’établir un système pour permettre aux joueurs de progresser, a-t-il expliqué. Ce n’était pas facile, parce que ces joueurs nous arrivent de partout et il faut créer un groupe homogène.

«Au début, on ne comptait pas sur un nombre suffisant de bons joueurs pour former une équipe solide, mais on a su développer une bonne relève, dont mon fils fait partie», a-t-il ajouté.

Pas toujours facile

Glenn Hoag reconnaît toutefois que son double emploi n’est pas facile à gérer. «Ça commence à peser lourd, a avoué celui qui est l’entraîneur du club d’Izmir, en Turquie. On me traite très bien là-bas. On me verse un bon salaire et l’équipe accepte que je vienne diriger la formation canadienne. Ça demande toutefois beaucoup de temps et d’énergie.»

Glenn Hoag a un autre fils, Christopher, qui fait carrière dans le volleyball en Turquie, mais il ne fait pas partie de l’équipe canadienne. «Je sais que c’est décevant pour mon frère aîné, qui aurait aimé être avec nous, a commenté Nicholas. Mais je sais aussi que Christopher est très heureux pour moi.»

On parle d’une vraie famille de joueurs de volleyball puisque la maman, Donna Kastelic, a aussi joué au niveau international.