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Un micro pour Normandeau: êtes-vous sérieux?

C’est comme si les accusations contre elle étaient banales...

GEN-NATHALIE-NORMANDEAU
Photo SIMON CLARK

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Avant d’aller plus loin, je me dois d’être transparent. Comme vous le savez, je coanime depuis un an une émission quotidienne sur les ondes de CHOI RadioX Québec.

Nathalie Normandeau était ma compétitrice directe lorsqu’elle était au FM93, et risque d’être ma compétitrice directe lorsqu’elle prendra le micro dans quelques semaines à BLVD 102,1.

Mais les propos que je vais tenir dans les lignes suivantes n’ont rien à voir avec le fait que madame Normandeau vient de signer un contrat sur les ondes d’une radio compétitrice.

PAS UN MÉTIER COMME LES AUTRES

Le jour où Nathalie Normandeau sera lavée de tout soupçon par le système de justice, je n’éprouverai aucun problème à ce qu’elle commente l’actualité à la radio.

Lors de son passage au FM93, elle a prouvé qu’elle avait un réel talent de communicatrice.

Mais nous n’en sommes pas là.

Au moment où vous lisez ces lignes, l’ex-politicienne est accusée de complot, corruption de fonctionnaire, fraude envers le gouvernement et abus de confiance.

C’est grave. Très grave.

De plus, j’imagine que si les agents de l’UPAC ont arrêté l’ex-vice-première ministre, c’est qu’ils avaient un dossier assez béton, merci, et que les preuves contre madame Normandeau étaient suffisamment sérieuses pour justifier une telle procédure.

Madame Normandeau plaide la présomption d’innocence. Je veux bien... Mais l’ex-ministre des Affaires municipales n’est pas boulangère, commis de bureau ou architecte. Son travail consiste à commenter l’actualité à la radio! Surtout l’actualité politique!

Quelle est sa crédibilité, avec de telles accusations qui pèsent sur sa personne? Que va-t-elle dire lorsque l’UPAC cognera à la porte d’un autre politicien?

Et que fera-t-elle pendant son procès? Comment les chroniqueurs et animateurs de BLVD couvriront-ils l’affaire?

Après tout, on parle ici d’une femme qui fait face à des chefs d’accusation sérieux.

UNE PETITE GÊNE

En fait, je vais être franc avec vous: je comprends parfaitement les patrons de BLVD d’être allés chercher madame Normandeau.

Elle est sympathique, travaillante et les gens l’aiment visiblement.

Ce que je ne comprends pas, par contre, c’est l’empressement de l’ex-politicienne à reprendre le micro alors que son procès n’est même pas encore commencé!

Pas une minute n’a-t-elle pensé à se garder une petite gêne? À faire profil bas, le temps que passe l’orage?

C’est comme si madame Normandeau était déconnectée, comme si elle ne comprenait absolument pas la rage de la population face à toutes ces histoires de corruption qui entachent le paysage politique québécois depuis trop d’années.

Nous sommes écœurés de ces histoires de pots-de-vin, de renvois d’ascenseurs, d’enveloppes brunes, de copinages et de prête-noms. Ça nous sort par les oreilles.

Ça nous fait honte.

L’ex-vice-première ministre ne voit-elle pas qu’en revenant aussi vite au micro alors qu’elle fait encore l’objet d’accusations graves, elle ne fait qu’ajouter au cynisme ambiant?

Il me semble que ça aurait été tout à son honneur d’attendre que sa réputation soit complètement rétablie avant de sauter à nouveau dans l’arène...

Disons que cette insensibilité n’aide pas son cas.

C’est comme si Nathalie Normandeau minimisait les accusations qui pèsent contre elle.

Comme si son arrestation pour fraude était un détail et que la vie continuait comme avant...