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Mainville dans une autre dimension

Les Mainville, une famille de sportifs, étaient fort émus de la performance de leur fille au relais 4 x 100 m style libre. De gauche à droite: Sandrine Mainville, son père Luc Mainville et sa mère Chantal Bourgoing.
photo didier debusschere Les Mainville, une famille de sportifs, étaient fort émus de la performance de leur fille au relais 4 x 100 m style libre. De gauche à droite: Sandrine Mainville, son père Luc Mainville et sa mère Chantal Bourgoing.

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RIO DE JANEIRO | Sandrine Mainville flottait encore sur un nuage lorsque la nageuse de Boucherville a rencontré les médias au lendemain d’une médaille de bronze quelque peu inattendue remportée au relais 4 x 100 mètres style libre.

Le Canada n’avait pas obtenu de médaille dans cette épreuve aux Jeux olympiques depuis ceux de 1976. Il y a 40 ans, la Québécoise Anne Jardin avait aussi récolté du bronze.

Mainville n’était pas au courant de ce fait.

«J’en ai été informée après l’épreuve et je me suis dit: “Oh wow!” J’ai encore de la misère à le croire.

«Tu visualises ça durant si longtemps que ça se passe comme dans un rêve, a ajouté Mainville. Je me sentais comme dans une autre dimension après l’épreuve.

«J’étais fière d’avoir réussi à nager sous la barre des 54 secondes pour la seconde fois de ma carrière, d’avoir bien amorcé le relais pour l’équipe.»

La dernière nageuse québécoise à avoir mis la main sur une médaille olympique avait été Patricia Noall, au relais 4 x 100 m quatre nages, aux Jeux de Séoul, en 1988.

Au bon endroit au bon moment

Mainville, qui est âgée de 24 ans, a le mérite d’avoir persévéré, elle qui avait eu la frustration de rater de très peu sa qualification pour les Jeux olympiques de Londres.

Elle ne s’est pas découragée et voilà que, quatre ans plus tard, elle se retrouve avec le titre de médaillée olympique pour le reste de sa vie.

«En 2012, il me manquait un petit dixième de seconde pour me qualifier au sein de l’équipe, a rappelé Mainville. Je m’étais alors dit que j’allais être encore plus motivée pour participer à ceux de 2016. Rien n’arrive pour rien, dans la vie!

«À Londres, les Canadiennes avaient terminé neuvièmes dans cette épreuve. Je me suis qualifiée pour ceux de Rio et voilà que je me retrouve avec une médaille. On peut dire que j’étais au bon endroit au bon moment!» a lancé celle qui a hâte de retourner à ses études en droit en septembre à l’Université de Montréal.

Une famille de sportifs

Si Sandrine a pleuré sur le podium, ses parents, Luc Mainville et Chantal Bourgoing, étaient fort émus eux aussi.

On parle d’une véritable famille de sportifs chez les Mainville. Le papa a déjà été champion canadien en aviron, tandis que la maman travaille dans un centre sportif, elle qui aimait bien participer à des triathlons.

«Sandrine est une battante, a commenté Chantal. Elle me surprend encore. Je suis si fière d’elle.»

«Notre fille a fait de gros sacrifices en déménageant à Toronto afin de se retrouver dans un meilleur encadrement avec la présence de l’entraîneur Ben Titley au centre national d’entraînement, a souligné Luc. Elle représente un modèle d’engagement.»

Il a mentionné, avec raison, que le programme féminin de natation au Canada est le meilleur depuis fort longtemps.

Un avenir prometteur

Sur le podium, Sandrine était entourée de deux nageuses de 16 ans, Penny Oleksiak et Taylor Ruck.

Le Canada mise aussi sur Emily Over­holt, une athlète de 18 ans qui a pris le cinquième rang en finale de l’épreuve de 400 mètres quatre nages.

«Les gens s’interrogeaient au sujet de la jeunesse de notre équipe, mais je ne voyais pas ça négativement», a expliqué Mainville, qui pourrait prendre part au relais 4 x 100 m quatre nages dans quelques jours.

«Les plus jeunes apportent une belle énergie et ça s’annonce très prometteur pour les prochaines années. Pendant longtemps, Ryan Cochrane a fait la fierté de la natation canadienne, mais je suis heureuse de voir que c’est au tour des filles de faire parler d’elles.»

Cette médaille, la première du Canada à Rio, fournira à Sandrine Mainville la motivation nécessaire pour poursuivre sa carrière.

Elle prendra part, en décembre prochain, aux Championnats du monde en court bassin à Windsor et elle nagera aussi pour les Carabins de l’Université de Montréal.