/news/health
Navigation

Prêt à mourir pour que son père soit soigné en Gaspésie

dialyse abandonnée
Magalie Lapointe Cyrille Junior Gibeault et son père Cyrille Gibeault ont cessé leur traitement d’hémodialyse pour protester contre les distances à parcourir.

Coup d'oeil sur cet article

Magalie Lapointe et Karyne Boudreau
Collaboration spéciale

 

GRANBY | Un homme souffrant d’insuffisance rénale est prêt à se laisser mourir d’ici quelques semaines afin que son père qui souffre de la même maladie puisse avoir accès à ses traitements d’hémodialyse en Gaspésie.

Cyrille Gibeault, 63 ans, qui habite Sainte-Anne-des-Monts, doit faire cinq heures de route, trois fois par semaine pour aller suivre ses traitements d’hémodialyse à Rimouski. Exaspéré, il a décidé de cesser de suivre ses traitements.

Cyrille Gibeault
CAPTURE D'ÉCRAN TVA-NOUVELLES
Cyrille Gibeault

Son fils, Cyrille Junior Gibeault, un père de famille qui habite à Granby et qui souffre également d’insuffisance rénale a lui aussi décidé de cesser ses traitements d’hémodialyse afin de faire réagir le ministre de la Santé Gaétan Barrette sur le manque de service en région éloignée.

Sans traitement, les deux hommes mourront dans le meilleur des cas d’ici quelques semaines.

Gaétan Barrette a fait savoir mardi via son attaché politique Julie White qu’ils ne commenteraient pas le dossier des Gibeault.

«Je ne veux pas mourir, mais si c’est ce qu’il faut pour faire bouger les choses, j’y pense », a dit ébranlé Cyrille Junior Gibeault, qui est père d’une jeune fille de 9 ans.

Distance

Selon son fils, Cyrille Gibeault serait très heureux de recevoir les soins à domicile, mais pour le moment ce serait impossible, en raison de la fistule manquante.

«On nous dit qu’on manque de néphrologue, ce n’est pas ça le problème. Pensez-vous que les gens à domicile ont un néphrologue qui vient avec la machine», a raconté mardi le sexagénaire.

Il y a quelques jours, Cyrille Gibeault a envoyé une mise en demeure au réseau de la santé du Québec afin qu'on lui offre ses traitements à l'hôpital de Sainte-Anne-des-Monts.

«Vous devriez voir les gens lorsqu’ils sortent d’un traitement, ils sont complètement brûlés. C’est inhumain ce que nous vivons et on nous demande de déménager loin de nos proches en plus de notre souffrance», a-t-il dit.

Des limites

Pour le député péquiste de Gaspé Gaétan Lelièvre, les gens ne devraient pas avoir à faire plus de 100 kilomètres pour recevoir le traitement.

«J'en connais plein qui sont dans cette situation. Partout au Québec, une personne malade qui a besoin de soins vitaux plusieurs fois par semaine ne devrait jamais avoir à faire plus de 100 km pour y avoir accès», a-t-il dit.

Disponible partout

Au bureau du ministre de la Santé Gaétan Barrette, on voit les choses différemment.

Selon l’attachée de presse du ministre de la Santé, Julie White, l’hémodialyse à la maison serait quelque chose de possible, qui est offerte et disponible partout au Québec.

Elle a ajouté que le ministre n’encourageait personne à cesser un traitement de façon à nuire à leur santé ou à écourter leur vie.

 

Jusqu’à 3000 kilomètres par semaine

En 2015, six Gaspésiens dont la condition était devenue instable ou précaire ont dû être envoyés à Rimouski pour leurs traitements qui doivent avoir lieu en présence d’un néphrologue. De ce nombre, trois ont choisi d’y déménager parce qu’ils ne voulaient pas faire jusqu’à 3000 kilomètres de route par semaine.