/entertainment/opinion/columnists
Navigation

Radio-Papotage a pris la place de Radio-Canada

Coup d'oeil sur cet article

Le papotage est en voie de devenir l’image de marque de notre diffuseur public, que ce soit à la télévision ou à la radio. Non seulement le «bavardage frivole» – c’est ainsi que le Larousse définit le papotage – se multiplie sur les ondes, mais il s’adresse presque exclusivement aux Montréalais.

Je devrais écrire qu’il s’adresse surtout «aux citoyens du Plateau». Les préoccupations, les blagues et le potinage des animateurs et des chroniqueurs sont de la même farine que les propos ayant cours dans cette république bobo, qui a colonisé le centre de la métropole à la fin du siècle dernier.

Même les Jeux olympiques n’ont pas échappé à la tendance lourde du papotage. Radio-Canada ayant dû licencier ou recycler la plupart des membres de sa section sportive, des néophytes de l’écran sont ponctuellement devenus commentateurs. Leur bavardage occupe donc le temps qui reste entre les images qu’on montre des diverses disciplines et les messages publicitaires.

L’HOMME À TOUT FAIRE

Quelques fois chaque jour, Alain Gravel résume les événements et interroge les collègues qui hantent avec lui les coulisses de Rio. Il est devenu la «cheville ouvrière» des Jeux. La connaissance des sports n’étant pas une science infuse, Gravel remplit son temps d’antenne sans rien nous apprendre. Il le fait avec le plus grand sérieux du monde. Comme lorsqu’il commentait les descentes de l’UPAC et les témoignages à la commission Charbonneau.

De son côté, Marie-Josée Turcotte, aussi à l’aise debout devant la caméra qu’un poisson hors de l’eau, essaie de pallier du mieux qu’elle peut l’inexpérience des analystes et des commentateurs d’occasion. Mon Dieu qu’on s’ennuie de la belle époque de Richard Garneau et compagnie!

Quoi qu’il en soit, la couverture des Jeux de Rio est plus intéressante à la CBC qu’au réseau français. C’est vrai que le choix d’analystes chevronnés est plus vaste au Canada anglais. Boni non négligeable, Penny Oleksiak, la sensation des Jeux de Rio, est de Toronto, tout comme André De Grasse, le successeur probable d’Usain Bolt.

LE STYLE JOVALISTE

Je passe Les échangistes sous silence, car c’est à la radio que Radio-Papotage se surpasse avec des émissions phares ayant inventé, selon le mot d’un de mes lecteurs, «l’animation de groupe». Franco Nuovo, Marie-Louise Arsenault et Karine Lefeb­vre sont les chefs de file de ce style d’animation jovialiste où chacun intervient à sa guise sans se soucier de ceux qui parlent déjà et, surtout, sans aucun égard pour les auditeurs.

DE LA RADIO COMMUNAUTAIRE

Dans ces émissions où fusent de fréquents éclats de rire collectifs pour des blagues que nous n’avons pas entendues, nous apprenons parfois des choses essentielles. Quel chroniqueur mange du beurre de «peanut» au petit-déjeuner, quel autre passe l’été en gougounes ou quelle réalisatrice est végétalienne depuis que son aîné s’est étouffé avec une côte levée.

Ces émissions qui ressemblent à s’y méprendre à de la radio communautaire ont peu d’intérêt pour la plupart des Québécois qui vivent à l’extérieur de la métropole. Chose certaine, elles n’en ont aucun pour les centaines de milliers de francophones qui vivent en région ou dans les autres provinces canadiennes.

Pauvres francophones hors Québec qui n’ont que cette radio bavarde et insipide à écouter dans leur langue!

TÉLÉPENSÉE DU JOUR

Mike Ward a déclaré en Écosse qu’il veut quitter le Québec s’il perd sa cause contre le petit Jérémy. Il aurait déjà réservé des camions de la Brinks!

 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.