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Un congé de maladie décrié

L’absence du maire Jean-Marc Robitaille à l’assemblée du conseil de ville soulève l’ire des citoyens

Le maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille est parti en congé de maladie le jour même où le conseil municipal se réunissait devant les citoyens.
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin Le maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille est parti en congé de maladie le jour même où le conseil municipal se réunissait devant les citoyens.

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Perquisitionnés par l’UPAC il y a un mois, le maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille ainsi que son chef de cabinet et le directeur général de la Ville ont provoqué la colère de plusieurs citoyens en s’absentant du conseil municipal hier soir.
 
Le matin même de la séance, la Ville a révélé que le maire Robitaille se retirait «temporairement» de ses fonctions pour raisons médicales. 
 
Cette annonce était loin de faire le bonheur de la centaine de citoyens qui attendaient avec impatience la première occasion de questionner le premier citoyen de la Ville depuis qu’une centaine d’enquêteurs de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) se sont présentés chez lui le 13 juillet dernier. 
 
Les élus Michel Morin et Marie-Claude Lamarche, conjointe du chef de cabinet Daniel Bélec, avaient aussi été perquisitionnés dans le cadre de l’enquête concernant l’octroi de contrats municipaux. Les deux conseillers étaient également absents hier soir.
Antoine Hanachian, Citoyen
Photo Christopher Nardi
Antoine Hanachian, Citoyen
 
Absence questionnée
 
Dès le début de la soirée, plusieurs citoyens et employés ont exigé des explications de la part des élus quant à l’absence de M. Robitaille et des autres membres de son entourage. 
 
«Pourquoi est-ce que le maire Robitaille et les élus sont absents ce soir? On veut des réponses. [...] Il me semble que Terrebonne mérite un peu de transparence», a lancé Denis Renaud, président du syndicat des cols bleus de Terrebonne.
 
«Il y en a qui sont en vacances, il y en a qui sont en maladie», a répondu sèchement le maire suppléant Clermont Lévesque, sous une pluie de huées et de cris de «Répondez-nous!» de la part des citoyens.
 
Selon une porte-parole de la Ville, Isabelle Lewis, le maire a présenté un billet du médecin à l’administration municipale la fin de la semaine dernière. Celui-ci continuera à recevoir son plein salaire pendant son absence, a-t-elle confirmé.
 
Retrait demandé
 
Les deux conseillers indépendants du conseil municipal, André Fontaine et Serge Gagnon, ont pour leur part demandé le retrait de tous les élus et fonctionnaires dans la mire de l’UPAC jusqu’à la fin de l’enquête.
 
M. Gagnon est même allé plus loin en exigeant la dissolution du comité exécutif, dont la résidence de trois des cinq membres a été perquisitionnée dans le dernier mois «Je refuse que des postes névralgiques soient occupés à distance par des gens sous enquête et qui ont fait l’objet d’une perquisition majeure. [Les élus] qui ont décidé de rester en place [créent] ainsi un climat malsain», a commenté M. Gagnon.
 
Cette opinion a trouvé écho chez plusieurs citoyens, qui ont profité de la période de questions publique pour exiger le départ de ceux qui ont été perquisitionnés par l’UPAC. 
 
«J’espère que vous [le conseil] allez suivre l’exemple de la bonne chose à faire et que le maire va démissionner sans solde jusqu’à la fin de l’enquête de l’UPAC, avec l’élu Michel Morin et le directeur général Luc Papillon», a dit pour sa part le citoyen Antoine Hanachian.

Robitaille sous la loupe

Le maire ment par rapport à des voyages avec Tony Accurso

Le maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille est parti en congé de maladie le jour même où le conseil municipal se réunissait devant les citoyens.
Photo Courtoisie

Le maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille a dû admettre avoir menti à ses citoyens en septembre 2014 au sujet de deux voyages tous frais payés au bord du Touch, bateau du controversé entrepreneur Tony Accurso. M. Robitaille avait d’abord nié catégoriquement qu’il y avait séjourné gratuitement, mais il a été obligé de se réviser après que M. Accurso a affirmé le contraire, photos à l’appui, devant la commission Charbonneau.

Un contrat de 40 M$ à Tony Accurso

Le maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille est parti en congé de maladie le jour même où le conseil municipal se réunissait devant les citoyens.
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin

En 2014, Le Journal révélait qu’un organisme public responsable de produire l’eau potable de Terrebonne et de Mascouche avait octroyé un contrat de plus de 40 M$ à une entreprise de Tony Accurso à peine quelques semaines après un des séjours gratuits du maire Robitaille sur le Touch (à gauche).

Terrebonne assiégée par les enquêteurs

Le maire Robitaille s’est trouvé à nouveau sous les feux des projecteurs lorsqu’une centaine d’enquêteurs de l’UPAC ont perquisitionné une dizaine d’endroits à Terrebonne le mois dernier, dont sa demeure privée. La résidence du directeur général Luc Papillon, du chef de cabinet Daniel Belec ainsi que de l’élu Michel Morin ont également reçu la visite des policiers.

Le pavé uni du directeur de cabinet sous la loupe

Le maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille est parti en congé de maladie le jour même où le conseil municipal se réunissait devant les citoyens.
Photo d'archives, Martin Alarie

Les enquêteurs de l’UPAC sont retournés dernièrement chez le chef de cabinet, Daniel Belec, et sa conjointe et élue municipale, Marie-Claude Lamarche. Ils s’intéressent notamment à l’immense entrée en pavé uni qui peut accueillir aisément jusqu’à huit véhicules. Ils explorent l’hypothèse que l’entrée leur fut offerte comme pot-de-vin en échange de contrats municipaux.