/entertainment/music
Navigation

Encore un soir de Céline Dion: le retour de la reine

Est-ce la meilleure offrande de Céline? Non. Est-ce une œuvre à la hauteur? Certainement.

SPE-CELINE-DION
Photo Agence QMI, Joêl Lemay

Coup d'oeil sur cet article

Des jours et des jours de promotion et de faits d’armes devenant viraux menant à la fameuse série de concerts au Québec et, surtout, à Encore un soir; le tant espéré nouvel album de la dame.

Est-ce la meilleure offrande de Céline? Non. Est-ce une œuvre à la hauteur? Certainement.

Céline Dion - Encore un soir

★★★ ½

SPE-CELINE-DION
Photo courtoisie

Table rase (ou presque) !

Quatre années après le décevant Sans attendre, une production marquée par la mort de son père, Céline Dion rebondit avec une autre parution endeuillée, mais teintée d’optimisme. Encore un soir est toutefois plus en phase avec son époque... sans renier la discographie précédente de l’artiste, évidemment.

Ainsi, l’interprète se défait de plusieurs «clichés» qu’on lui a associés au fil des années. Une excellente idée qui aurait pu être poussée davantage, d’ailleurs (on y reviendra). Exit, donc, la majorité des trémolos et vibratos à n’en plus finir. Les fans des envolées vocales de la dame risquent de s’en ennuyer, car on opte ici pour une ­livraison plus posée.

Idem au niveau des musiques: plus sobres (un peu trop, même), plus «modernes» et – surtout – moins grandiloquentes, voire kitsch. Sans faire référence à John Cage, on a affaire à un disque plus «cérébral», aux accroches plus subtiles.

L’étoile, seconde pièce du LP, en est un exemple éloquent. Au moment où on croyait avoir droit à une ballade intimiste, Dion et son groupe se lancent dans un refrain folk pop à la mode qui suscite au passage The Lumineers («Hé!» y compris). Une direction quand même inattendue pour la chanteuse!


Tout ça pour dire que l’équipe Céline Dion se met au goût du jour... sans être pour autant tendancieuse. Mieux encore, ça lui va bien!

Le cas « Ordinaire »...

Pour celles et ceux qui se le demandaient: oui, la fameuse reprise remaniée d’Ordinaire s’y retrouve et demeure toujours aussi couci-couça depuis sa parution à titre de «single» annonçant ce CD.

Au-delà du «débat» sur les modifications apportées au classique de Charlebois par Dion et ses sbires, cette réinterprétation – aux violons, au solo de guitare à la «power ballad» et au chant surjoué – est, surtout, le plus gros rappel de la «Céline d’antan» qu’on semble vouloir «écarter» sur Encore un soir.

Une œuvre bonne... et « frustrante »

Certain(e)s parlent d’un «retour» pour Dion. D’autres, d’un «disque de transition». Bref, il se passe «quelque chose» sur Encore un soir. Un changement de cap à peine palpable, voire éthéré, mais qui est tout de même là.

Et on aurait justement souhaité que cette fameuse réinvention soit plus affirmée sur ce disque un peu trop prudent qui pourrait diviser les mélomanes. D’un côté, les fans des moments plus ampoulés de la chanteuse pourraient rester sur leur faim. De l’autre, celles et ceux qui sont curieux d’entendre ce «renouveau» moussé en grande pompe risquent de voir l’œuvre passer sous leurs attentes.

Loin d’être un pétard mouillé, Encore un soir demeure une production satisfaisante, mais qui me laisse quand même désenchanté. Ce n’est pas la révolution annoncée, mais bien un disque charnière qui, heureusement, fait toutefois entrevoir de nouveaux sommets à venir (oui, oui) pour Céline Dion.

Décidément, la reine de la pop ne cédera pas sa couronne de si tôt!