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Ouija: la science épeurante derrière la planche

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«Esprit, es-tu là?» dit à voix haute avec quelques amis, les doigts posés doucement sur une petite planchette qui pointe des lettres, des chiffres, un «oui» et un «non». Qui ne s’est pas déjà prêté à ce genre de séance spirite bon marché? Peut-être cela a été suffisant pour vous donner une bonne frousse? La science derrière le jeu Ouija donne tout autant la chair de poule.

L’effet idéomoteur

Ça fait longtemps (1852!) que l’on connaît l’effet idéomoteur. Il s'agit d'un phénomène psychologique observable dans notre vie quotidienne: un sujet effectue des mouvements musculaires de manière inconsciente, donc sans même s’en rendre compte. Par exemple, on pense à notre souper tout en conduisant une voiture ou en pédalant sur un vélo; en pensant au bon spaghetti qu'on va se faire, on ne se rend même pas compte qu’on actionne un clignotant ou qu’on change les vitesses. C’est ça, l’effet idéomoteur.

Il est donc possible de faire bouger la planchette Ouija sans même s’en rendre compte, surtout qu’on souhaite ardemment une réponse! En ne sentant pas de responsabilité pour les mouvements de la planchette (excluons d’emblée les petits pas-fins qui la font bouger volontairement et qui mentent à tout le monde en disant «c’est pas moi qui la fait bouger, j’vous l'jure!»), on dirait bien que le jeu bouge tout seul et qu’il y a là intervention surnaturelle.

Une «deuxième intelligence»

Mais il y a plus. Même si on comprend l’effet idéomoteur, comment un jeu Ouija peut-il révéler des choses que nous ne savons pas? Y a-t-il une autre explication que «les esprits»?

Une équipe de la University of British Columbia a utilisé le jeu Ouija pour avancer l’état des connaissances sur la cognition inconsciente.

«On peut croire consciemmement qu’on ne connaît pas une réponse, mais en fait nous l’avons à quelque part dans notre subconscient. Peut-être l’a-t-on entendue à la radio, mais on n’y prêtait pas attention.» Hélène Gauchou, membre de l’équipe de recherche.

L’étude s’est déroulée en deux temps. Tout d’abord, l’équipe a posé des questions factuelles aux participants, comme «quelle est la capitale du Cambodge?». Les participants répondaient selon leur niveau de connaissance. Ensuite, l’équipe a posé les mêmes questions aux participants en utilisant un jeu Ouija. Ceux qui disaient ne pas connaître les réponses au test verbal (et qui y avait un taux de réussite de 50%) obtenaient un meilleur taux de bonnes réponses au test avec Ouija! Les yeux bandés et croyant jouer avec un partenaire (qui se retirait juste avant le début de la «séance»), ces participants ont bien répondu, à 65%, aux questions dont ils ne connaissaient pas consciemment la réponse. 65%, c’est plus que le hasard.

Selon les chercheurs, ces résultats suggèrent qu’il y a une «deuxième intelligence», inconsciente et accessible sous certaines conditions.

Donc, Ouija n’est pas une communication avec les esprits, mais une communication avec une partie enfouie de notre cerveau, à laquelle nous n’avons pas normalement accès? Je ne sais pas pour vous, mais voici ma face en ce moment:

Pour en savoir plus, vous pouvez lire cet article de CBC (en anglais), et celui-ci de Mental Floss.