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5 notions de psycho pour le gars qui ne voulait pas voir de burkini au bord de l’eau

5 notions de psycho pour le gars qui ne voulait pas voir de burkini au bord de l’eau
AFP

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Tu écris que les madames en burkini nous lancent un message clair : « Celles qui ne s’habillent pas comme nous sont des provocatrices aux moeurs légères et sans morale ».

1. Paranoïa

Tu penses que tout est dirigé contre toi. Si un ami te dit : « Je m’aime avec mon poil », tu réponds : « Qu’est-ce t’as contre mon torse rasé, tabarnak??!!? »

2. Projection

Tu prêtes aux autres tes propres pensées. Parce qu’en réalité, c’est toi qui penses ça : « Celles qui ne s’habillent pas comme nous, en bikini, sont des provocatrices aux moeurs dégénérées d’islamiste-soumise-terroriste. »

3. Trouble de la personnalité (absence d’empathie)

Tu écris : « Je crains le jour où les burkinis seront en majorité, où les filles en bikini n’oseront plus aller se baigner de peur de se faire regarder de travers ».

Tu as raison. On ne veut pas que quelqu’un se fasse regarder de travers à cause de son costume de bain. C’est d’ailleurs précisément ce qui arrive aujourd’hui aux femmes en burkini.

Pourquoi t’enquérir du malaise qui pourrait être vécu dans un futur hypothétique, alors que tu te fous du malaise vécu aujourd’hui par les femmes voilées québécoises?

4. Anxiété

Mais je comprends. Tu as peur que ta culture disparaisse. Tu prends parti pour ta culture à toi. C’est bien normal. Héroïque, même. Mais qu’est-ce qui noie ta culture, de nos jours? Faisons le calcul. Tu passes en moyenne 4 à 6 heures par jour devant une télévision dont la majorité des programmes sont d’origine ou d’inspiration américaine. Combien d’heures par jour à te faire influencer par des musulmans?

5. Manipulation

« Oui, mais elles se voilent à cause de la pression de leur mari. »

Ah, la pression des autres, ça peut nous mettre en cage, tu as bien raison. Moi, par exemple, quand je m’arrache à la cire le poil des jambes, des d’sous d’bras et des aines en criant « ayoye câliboire », je me dis que j’aimerais bien qu’on s’entende toutes pour arrêter ça, ces folies-là. Et quand je t’entends répéter les idées qui repassent en boucle à la radio, à la télé et ailleurs, je me dis que j’aimerais ça, aussi, qu’on te laisse réfléchir par toi-même, de temps en temps.

On est tous un peu soumis quelque part ;)

L’important, c’est de rester libres dans le choix de nos influences. C’est pour ça que j’espère qu’au Québec on ne commencera pas à interdire aux femmes de s’habiller comme ça leur tente. Laissons ça à l’Arabie Saoudite, ok?

Je détesterais que le gouvernement vienne me dire comment vivre. (Vous voyez, chers chroniqueurs du Journal de Québec? On va bien s’entendre. Liberté!)