/world/europe
Navigation

Londres: Un «beach party» pour dénoncer l’interdiction du burkini

Une quarantaine de manifestantes ont pris part à un «beach party» devant l'ambassade de France pour dénoncer l'interdiction du port du burkini, jeudi à Londres.
AFP Une quarantaine de manifestantes ont pris part à un «beach party» devant l'ambassade de France pour dénoncer l'interdiction du port du burkini, jeudi à Londres.

Coup d'oeil sur cet article

Alors que le Conseil d’État annonçait vendredi la levée de l’interdiction du port du burkini sur plusieurs plages françaises, le débat continue à faire rage à l’extérieur du pays.

Jeudi, à Londres, un «beach party» sous le thème «Portez ce que vous voulez» a été organisé devant l’ambassade française pour dénoncer l’interdiction du burkini.

Une quarantaine de manifestantes ont pris part à un «beach party» devant l'ambassade de France pour dénoncer l'interdiction du port du burkini, jeudi à Londres.
AFP

Quelques dizaines de participantes se sont jointes à la démonstration, certaines vêtues de maillots de bain ou de burkinis.

Du sable, du mobilier et des accessoires de plage complétaient ce tableau festif.

Une quarantaine de manifestantes ont pris part à un «beach party» devant l'ambassade de France pour dénoncer l'interdiction du port du burkini, jeudi à Londres.
AFP

 

Une interdiction «misogyne et islamophobe»

Plusieurs manifestantes brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire «Non à l’islamophobie, oui aux burkinis», «L’islamophobie n’est pas la liberté» ou «Nos corps, nos vêtements, notre religion, notre choix».

Selon l’une des organisatrices interrogée par The Guardian, l’interdiction du burkini est une réponse «misogyne et islamophobe» aux récentes attaques terroristes en sol français.

«Plusieurs femmes le portent par choix», explique Esmat Jeraj, une militante de l’organisme Citizens UK. «Si le burkini leur permet de s’asseoir sur la plage et de profiter du soleil, on devrait les encourager. Ça contribue à les démarginaliser», ajoute-t-elle.

Une quarantaine de manifestantes ont pris part à un «beach party» devant l'ambassade de France pour dénoncer l'interdiction du port du burkini, jeudi à Londres.
AFP

Si plus de 4 700 personnes avaient répondu à l’appel sur Facebook, ce ne sont finalement qu’une quarantaine de femmes, dont une dizaine de confession musulmane, qui ont pris part à l’événement pour dénoncer ce que certaines qualifie d’islamophobie cachée «sous un voile féministe».

«Il est tout à fait absurde qu’en 2016 les gouvernements puissent décider de ce que peuvent et ne peuvent porter les citoyens», explique une manifestante à The Telegraph.

«Le plus choquant, c’est que cette interdiction est en totale contradiction avec la devise de la France, "Liberté, Égalité, Fraternité"», poursuit-elle.

Une quarantaine de manifestantes ont pris part à un «beach party» devant l'ambassade de France pour dénoncer l'interdiction du port du burkini, jeudi à Londres.
AFP

«Nous manifestons contre les policiers français qui ont forcé une femme musulmane à enlever son burkini sur une plage alors qu’elle était entourée d’officiers armés », ajoute une autre manifestante. «Je suis aussi ici en solidarité avec le droit des femmes musulmanes d’exprimer leur religion librement sans crainte de persécutions.»

 

L'interdiction suspendue

Vendredi, la plus haute instance de la justice française a suspendu l'interdiction du port du burkini dans une traintaine de communes françaises, indiquant qu'il s'agissait d'une «atteinte grave aux libertés» et que le vêtement ne présentait de «risques avérés» pour l'ordre public.

«L’arrêté litigieux a porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d’aller et venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle», souligne le Conseil d'État.