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Musimax n’est plus: la fin d’une époque

Les acteurs importants du défunt réseau racontent ses 19 années d’existence

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1997-2016. Musimax n’est plus. Depuis ce matin, la «petite sœur de MusiquePlus» a laissé place à MAX, une chaîne spécialisée en séries et films en tous genres. Pour marquer le coup, Le Journal a retracé la petite histoire de Musimax avec quelques-unes des personnes qui ont marqué son histoire.

 

En septembre 1996, MusiquePlus inc. obtient une licence du CRTC pour exploiter un «service spécialisé de télévision de langue française devant être appelé Musimax». Le 8 septembre 1997, la chaîne musicale destinée aux 35-54 ans – qu’on qualifie de «petite sœur de MusiquePlus – est lancée. Au programme: vidéoclips, documentaires, films et émissions à saveur musicale.

Pierre Marchand
Photo ANNIE T ROUSSEL
Pierre Marchand

«Comme une partie des téléspectateurs, MusiquePlus vieillissait. Il fallait garder notre monde sans toutefois perdre les nouveaux. Et c’était de plus en plus difficile de faire jouer autant Metallica que Ginette Reno. Le fossé s’agrandissait.»

– Pierre Marchand, président et fondateur de MusiquePlus et de Musimax (1986-2007)

«Après mon talk-show à TQS, on m’a demandé d’être le visage de Musimax. J’étais un peu comme la porte-parole des débuts. C’était le lancement d’une grande aventure.»

– Sonia Benezra, animatrice à Musimax (1997-2004 et 2010-2012)

«Au départ, on avait des lundis classique, des mardis jazz, des mercredis rétro... Ça n’avait pas marché. On s’est rapidement repositionné pour devenir une ch­aîne de musique destinée aux 35 ans et plus.»

– Pierre Marchand

«Au fil des années, on a reçu de très grands noms, comme Sarah McLachlan, Michael Bublé, Sarah Brightman. J’ai fait une émission spéciale avec Tina Turner, une autre avec Sting au Centre Bell, j’ai voyagé à Londres avec Céline Dion... Mon plus beau souvenir demeure toutefois mon entrevue avec Pete Best, qui a été le batteur des Beatles pendant deux ans avant d’être remplacé par Ringo Starr.»

– Sonia Benezra

Musimax diffuse des vidéoclips d’artistes «plus adultes», comme Céline Dion, Garou, U2 et Coldplay. Parmi ses productions originales les plus appréciées, citons Musicographie, L’index québécois, Benezra reçoit, Le grand décompte, Les années et Génération 60, 70, 80, 90 et 2000, qui jouent en boucle.

Mike Gauthier
Photo courtoisie, Pierre Manning
Mike Gauthier

«Musimax a toujours été dans l’ombre de MusiquePlus. Pour beaucoup de gens, c’était une chaîne sans âme. Elle existait, les gens la connaissaient, mais sans plus. Quand Musimax s’est mise à produire des Musicographies, les choses se sont placées. Ç’a été très bon pour Musimax. Ça lui a permis de revenir dans l’œil du public pendant un certain temps.»

– Mike Gauthier, animateur et directeur musical de MusiquePlus et de Musimax (2003-2015)

«On a fait plus de 70 Musicographies. C’était extraordinaire. Génération 60 avec Pierre Lalonde comme animateur, Nanette Workman pour Génération 70... J’avais approché Guy A. Lepage pour animer Génération 80, mais il m’avait dit non. J’avais donc choisi un animateur différent pour chaque année, des personnalités marquan­tes des années 1980 comme Martine-St-Clair, Daniel Lemire... Ce sont des beaux souvenirs, parce qu’on faisait une télé créative avec beaucoup de contenu. Musimax n’a peut-être jamais atteint les cotes d’écoute globale de MusiquePlus, mais c’était un succès.»

– Pierre Marchand

«Outre toutes les émissions spéciales avec Céline Dion, je suis particulièrement fier d’avoir reçu Serge Fiori en 2014. C’était un bon coup. Il est venu passer une heure en studio. C’est un artiste qui donne peu d’entrevues. Il avait même refusé de faire Tout le monde en parle! C’est un beau souvenir parce que j’ai grandi avec Harmonium. C’était significatif pour moi.»

– Mike Gauthier

En septembre 2007, Astral Média devient l’unique propriétaire de Musimax après avoir acquis Radiomutuel et acheté les parts de CHUM Limited dans MusiquePlus inc. Pierre Marchand, le fondateur de MusiquePlus et de Musimax quitte le navire.

Luc Doyon
Photo courtoisie, JOCELYN MALETTE
Luc Doyon

«Les conditions de licence du CRTC nous obligeaient à avoir du contenu musical sur deux chaînes. À cette époque, on commençait à comprendre que deux chaînes musicales dans un petit marché comme le Québec, c’était beaucoup, surtout avec la crise de l’industrie du disque. On n’était plus le premier marché pour le vidéoclip. Aujourd’hui, les gens ne viennent plus automa­tiquement chez nous pour voir des vidéo­clips; ils vont sur internet. De toute façon, après trois vidéoclips d’affilée, ils changent de poste.»

- Luc Doyon, vice-président principal et directeur général de MusiquePlus et de Musimax (2007-2014), et vice- pré­si­dent exécutif et chef de l’exploi­tation de Groupe V Média (2014-aujourd’hui)

«La diversité existait, à MusiquePlus et à Musi­max. On voyait des visages de toutes les couleurs, de tous les backgrounds... On entendait aussi toutes sortes d’accents, comme le mien. Il manque énormément de diversité à la télévision québécoise. Ce n’est pas à cause du public. Les gens n’ont jamais eu de problème avec ça. C’est plutôt l’industrie qui y est fermée.»

– Sonia Benezra

«Je n’oublierai jamais le lancement de la programmation 2011-2012 de MusiquePlus et de Musimax. C’était à L’Astral. Quand on avait annoncé le retour de Claude Rajotte, la salle avait explosé. Il avait reçu une ovation monstre. Il avait fait la une de tous les journaux le lendemain. Il venait de quitter la radio de Radio-Canada. On s’était entendu trois jours avant. On avait imaginé un scénario pour son entrée en scène. Il devait surgir d’un road case d’instrument de musique, mais on a finalement changé d’idée.»

– Luc Doyon

En septembre 2014, Groupe V Média devient officiellement propriétaire de MusiquePlus et de Musimax après avoir conclu une entente avec Bell Média. Après avoir revampé MusiquePlus, les nouveaux propriétaires s’attaquent à Musimax.

 Sonia Benezra
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean
Sonia Benezra

«On s’est d’abord concentrés sur MusiquePlus pour des raisons finan­cières. Pour Musimax, on savait qu’on allait faire quelque chose, mais on devait attendre. Quand le CRTC a aboli les genres des chaînes spécialisées, on pouvait laisser tomber la musique, mais pas du jour au lendemain parce qu’on avait un grand stock d’émissions musica­les. On y est donc allé par étapes. Aujour­d’hui, on est rendu à MAX. C’est une programmation essentiellement basée sur des séries et des films. Max s’adresse aux 25-54 ans, tandis que MusiquePlus vise un public plus jeune.»

– Luc Doyon

«C’est triste. Quand tu mets quelque chose au monde, c’est un peu comme ton bébé... En même temps, je ne peux rien y faire. C’est comme quand tu vends ta maison: les gens peuvent la jeter à terre et faire autre chose. D’après ce que je comprends, Max, c’est un peu comme Séries+, mais avec des films en plus? C’est dommage qu’ils n’arrivent pas avec quelque chose de complètement différent et original. Tant qu’à faire... On a juste des visions différentes. J’ai fait mon bout avec MusiquePlus et Musimax. Ça a marqué une époque... une génération ou deux.»

– Pierre Marchand

«Est-ce que la mort de Musimax m’attriste? Non, pas du tout. J’ai tourné la page depuis qu’on m’a remercié en mars 2015. Je n’ai jamais été le genre de person­ne qui reste accrochée au passé. Bien honnêtement, [les dirigeants de Groupe V Média] font bien de faire ce qu’ils font parce que les chaînes de vidéoclips, c’est fini. Les gens regardent les clips d’une autre façon, maintenant. Avec mes amis, je blague souvent en disant que quand j’étais dans la secte, je croyais qu’on avait notre utilité, mais une fois que t’es sorti, tu n’as plus le même regard. Tu constates que c’était une machine à gaspiller de l’argent.»

– Mike Gauthier

«C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai appris la fermeture de Musimax. Je demeure extrêmement fière de Benezra reçoit, mon émission de grandes entrevues. C’était live to tape. On faisait 100 entre­vues par an. On était une petite équipe. C’était une belle émission, bien montée, élégante... Tout le monde y est passé : les artistes québécois, mais aussi les stars internationales, comme Gene Simmons de KISS, les Backstreet Boys, etc.»

– Sonia Benezra

 

Qu’est-ce que MAX?

Photo courtoisie

Musimax a perdu ses quatre premières lettres. Doré­navant appelée MAX, la chaîne spécialisée du Groupe V Média vient concurrencer Séries+ et addikTV en offrant des séries américaines traduites. Curieux de connaître la programmation de cette nouvelle antenne qui sera débrouillée jusqu’au 25 septembre? Voici trois titres à surveiller.

L’affaire O.J. Simpson : American Crime Story

Version française de The People vs. O.J. Simpson: American Crime Story, cette minisérie mettant en vedette Cuba Gooding Jr. et Sarah Paulson relate le procès pour meurtre du célèbre joueur de football. Elle a obtenu 22 nominations au prochain gala des prix Emmy, juste derrière Game of Thrones (23). Le premier épisode sera diffusé simultanément à MAX et V jeudi à 20 h.

X-Files

Scully et Mulder reprennent du service dans cette suite diffusée qui a reçu des critiques mitigées en janvier dernier. Fait à signaler: MAX présentera ensuite les meilleurs épisodes des neuf premières saisons du drame surnaturel. Dès mardi à 20 h.

J.K. Rowling : Une place à prendre

Cette minisérie américano-britannique de trois épisodes est tirée du roman The Casual Vacancy de J.K. Rowling, la célèbre auteure des livres Harry Potter. On parle d’un drame situé dans la campagne anglaise, relatant une guerre sans merci opposant riches et pauvres, parents et enfants, épouses et maris, enseignants et élèves. Début: 10 novembre.

 

 

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