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Quand les écolos sont leurs pires ennemis

Quand les écolos sont leurs pires ennemis

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‘Plus tôt ce lundi matin, alors que les audiences allaient débuter, un homme s'est introduit dans la salle en sautant par-dessus une table et en hurlant son opposition au projet d'oléoduc Énergie Est.’

- Journal de Montréal, 29 août 2016

Le début, ce matin, des audiences de l’Office national de l’énergie pour le projet Énergie Est, ce pipeline mal-aimé, a été perturbé par quelques excités de la cause anti-pétrole. Entendre, apprendre, questionner, débattre, s’opposer rationnellement n’intéresse pas ces têtes brûlées. Et ils ont eu gain de cause : la journée d’audiences, un exercice démocratique, a été annulée grâce à leurs bons soins.

Les écolos radicaux qui instrumentalisent l’environnement pour ‘changer le système’ m’énervent prodigieusement. Je les tiens responsables d’avoir tué la cause de l’environnement - David Suzuki aussi croit que le mouvement environnemental a échoué - par leur marginalité, leurs excès, leur démagogie et surtout, leur refus du réel.

Les manifestants ont fourni au maire Denis Coderre, dont l’opposition au projet est bien connue, une belle excuse pour quitter les lieux avec ses collègues de Laval et de l’Union des municipalités du Québec. Selon lui, l’impartialité des deux commissaires qui ont rencontré Jean Charest, cause problème. Sur ce point, il a raison.

Mais quelle mouche l’a piquée pour affirmer que des singeries de manifestants reflètent ‘l'opposition générale à ce projet ?’

Dans mon char, mais pas dans ma cour

Personne n’aime le pétrole, à part ceux qui l’exploitent et les travailleurs qu’il fait très bien vivre. C’est sale, ça explose, ça brûle, ça pollue, ça tue... mais pour l’instant, et pour longtemps, nous en aurons besoin pour fonctionner comme société moderne.

L’autre nuit, je roulais sur la 20 en direction ouest. Sur une distance d’une vingtaine de kilomètres, j’ai compté 57 camions de type 18 roues. Tous chargés à bloc de biens de consommation courante, d’aliments, de matériaux de construction et j’en passe. À quand, selon vous, un 18 roues électrique qui pourra faire Montréal-Toronto sans recharge ? (Une firme de l’Utah travaille sur un prototype hybride électricité-gaz naturel mais ce n’est pas demain qu’on va remplacer toutes les semi-remorques à essence.)

Le débat sur le pétrole tourne autour de l’auto privée en milieu urbain. À la campagne, j’imagine mal un fermier faire les foins à vélo. Quand on habite au fond d’un rang, à des kilomètres du village, on se déplace comment pour faire les courses, aller chez le médecin, vivre ?

Le fédéral aura le dernier mot sur Énergie Est. Je mettrais mes deux mains dans le feu que le pipeline sera construit et que la plupart des conditions seront respectées. L’Alberta, avec qui nous partageons un pays, que cela plaise ou non, doit pouvoir vendre nos ressources pétrolières, les 3e au monde, et devra mettre de la pression sur Trans Canada, un bien mauvais joueur corporatif, pour rendre son projet le plus socialement acceptable possible.

Pas auprès des groupes de pression, mais auprès de la population en général dont les craintes sont justifiées.

De plus, je préfère voir le pétrole canadien, produit dans des conditions optimum, se vendre de par ce vaste monde que du pétrole du Nigeria, du Kazakhstan ou du Venezuela où le respect de l’environnement et des droits des travailleurs n’existent que sur papier. Et encore. Ou du pétrole saoudien ou iranien qui finance le terrorisme.