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Dilma Rousseff, adieu

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Photo AFP

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À moins d’un revirement inattendu, la présidente élue du Brésil, Dilma Rousseff, devrait être démise de ses fonctions aujourd’hui ou demain.

Les sénateurs brésiliens réunis en tribunal spécial doivent voter sur son sort. Accusée par ses opposants d’avoir maquillé les comptes publics, elle se défend en rappelant qu’elle a été élue par 54 millions de personnes. Selon elle, le procès intenté par les sénateurs est un coup d’État déguisé.

1. De quoi est accusée Dilma Rousseff ?

Mme Rousseff est accusée d’avoir déplacé des fonds publics en 2014 sans l’avoir fait voter dans un budget. Pour sa défense, Dilma Rousseff répond que cette pratique est commune parmi tous les gouvernements du Brésil. Mais en sous-texte, Rousseff est aussi soupçonnée de corruption dans l’affaire Petrobras. Dans cette cause, toujours devant les tribunaux, diverses compagnies de construction brésiliennes sont accusées d’avoir surfacturé Petrobras, la grande compagnie de pétrole nationale. Une partie de l’argent surfacturé servait à financer les campagnes électorales de divers politiciens. Une autre partie de l’argent se retrouvait dans les poches des dirigeants de Petrobras. Or, Mme Rousseff a siégé au conseil d’administration de Petrobras entre 2003 et 2010. Bien qu’aucune preuve contre elle n’ait été trouvée, ses adversaires se demandent comment elle pouvait ignorer les pratiques de corruption de la compagnie.

2. Pourquoi Rousseff a-t-elle transféré des fonds des comptes publics ?

Le Brésil a été très durement frappé par la chute des prix mondiaux du fer, du pétrole et du soja. En 2015, l’inflation a atteint 10,7 % et l’économie a décru de 3,8 %. Les prévisions pour cette année sont similaires. Elle a transféré des fonds pour masquer un déficit.

3. Pourquoi les députés et les sénateurs ont-ils en majorité voté en faveur des procédures de destitution ?

Le système électoral du Brésil est un système proportionnel. Au fil des années, les partis politiques se sont multipliés, au point qu’il est devenu impossible pour un seul parti politique de gouverner sans coalition. Or, en raison des difficultés économiques, la popularité de Mme Rousseff est en chute libre. Le parti du vice-président Tremer a donc préféré se dissocier de la coalition de Mme Rousseff et gouverner avec sa propre coalition. En prime, Tremer est devenu président par intérim.

4. Que va-t-il se passer ensuite ?

Le président par intérim Michel Tremer va devenir pour de bon président jusqu’en 2018, date des élections présidentielles. Il va gouverner avec une nouvelle coalition dominée par les anciennes élites économiques du pays. Celles-ci n’ont pas digéré les réformes du gouvernement de gauche qui dirige le pays depuis 2003. Étant donné la situation économique difficile, ce retour au pouvoir pourrait bien être un cadeau empoisonné. Reste aussi à voir si la nouvelle coalition tentera d’arrêter les enquêtes de corruption. Près de 60 % des sénateurs font l’objet d’une enquête pour corruption...

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