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Pauvre petite Eugenie...

Julie Leclair est omniprésente ­auprès de sa fille, Eugenie Bouchard.
photo d’archives martin chevalier Julie Leclair est omniprésente ­auprès de sa fille, Eugenie Bouchard.

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J’ai déjà vu des taudis infestés de vermine, de coquerelles et de cochonneries étalées sur un plancher jusqu’à hauteur de table. C’était dans un appartement modeste et les occupants étaient désespérés.

Mais je n’ai jamais vu de rats morts sur un plancher. Et je n’ai jamais vu autant de cochonneries et de déchets dans une seule maison. On parle d’une maison de deux millions de dollars à Westmount.

J’ai lu le jugement remis à la cour pour forcer

Mme Julie Leclair, la propriétaire de la maison, à ­procéder au nettoyage de son dépotoir.

Des sources ont raconté ce qu’on a vu à l’intérieur de cette maison cossue de Westmount. Et ces sources racontent l’histoire de ce dépotoir. Ce sont des années de cochonneries qui s’accumulent sur les planchers. Corridors et salles de bain inclus. On a vu des boîtes d’articles de sport et de pizza, on a vu des boîtes de jouets, des jouets cassés, des vêtements maculés. Deux pieds d’épais. Et tout est d’une saleté repoussante.

À Westmount

Ce n’est pas normal. Personne ne peut vivre dans ce dépotoir. Les voisins craignent la vermine et les champignons qui pourraient se développer dans les murs défoncés. Ce n’est pas normal. Rien n’est ­normal dans cette histoire.

Si Mme Julie Leclair a décidé de suivre sa fille ­Eugenie Bouchard dans les tournois de tennis, c’est son droit. Mais on ne peut décider de laisser une maison dans une ville aussi huppée que Westmount se transformer en un dépotoir autant à l’intérieur de la résidence que dans la cour, devenue un eden pour les rats, les ratons laveurs et autres rongeurs du ­voisinage.

Quand tu déménages, tu fermes ta maison. Tu la vends, tu la loues, tu la donnes mais t’en fais pas un dépotoir.

C’est pas normal.

Omniprésente

Je n’ai pas toujours été indulgent à l’égard ­d’Eugenie Bouchard. Mais depuis hier, je le suis. Cette jeune femme de 22 ans vit constamment avec sa mère, mais pas dans la maison de Westmount. Julie Leclair est omniprésente auprès de sa fille.

J’ai des sources béton qui m’ont répété hier que tout le monde du tennis international, incluant la WTA et Tennis Canada, prie Dieu et Allah tous les jours pour qu’Eugenie Bouchard trouve le courage de prendre ses distances d’avec sa mère.

C’est sa vie privée. Les rapports familiaux ­d’Eugenie avec sa mère et son père demeurent ­privés. Tout le monde en conviendra.

Mais Eugenie Bouchard a atteint le cinquième rang mondial à 20 ans avant de s’effondrer d’une ­façon presque inexplicable. Les coachs ont passé et sont revenus. Les agents ont quitté le bateau.

Et toujours on retrouve Julie Leclair au cœur de sa vie et de sa carrière. C’est de sa carrière dont on va parler aujourd’hui.

À peu près tous les experts tentent d’expliquer les difficultés de la joueuse en parlant de son moral, de sa force mentale, de son approche psychologique. C’est dans ce sens que cette histoire peut expliquer la situation de la joueuse sur les courts de tennis.

Symptôme

Eugenie Bouchard est au courant de cette situation. C’est une évidence que sa sœur jumelle et son petit frère ne vivent pas dans cet amoncellement d’ordures. Ça veut dire que cette jeune femme doit essayer de se concentrer sur le tennis en sachant que ce dépotoir appartenant à sa mère depuis sa ­séparation existe.

On a beau tenter de se convaincre qu’il n’y a pas de maison à Westmount, des inspecteurs, des policiers, des pompiers, des employés de Gaz Métro et d’autres l’ont visitée.

Je ne suis pas psychiatre, mais je sais que ce ­dépotoir est un symptôme. Et vous-même, sans être psychiatre, pensez-vous qu’Eugenie peut avoir la ­moindre petite chance d’être autonome dans cette relation?

Je vous le dis. Je me fous des coups droits, des revers et des services d’Eugenie Bouchard. Cette fille, je le comprends mieux maintenant, doit travailler avec un acharnement maladif pour remonter au sommet du tennis. Là où elle pourrait espérer déployer ses ailes. Comme elle l’avait réussi miraculeusement il y a deux ans. Pour se donner le droit de respirer.

Mais est-ce possible de la laisser voler seule et ­libre? En adulte. Loin du dépotoir...

Pauvre petite Eugenie.