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Sa vie gâchée par «l’angle de la mort»

Justine Charland St-Amour a été happée par un camion le 22 août dernier à l'angle de la rue d'Iberville et du boulevard Rosemont. Son vélo a été peint en blanc et sera accroché sur le lieu de l'accident dans une cérémonie de vélo fantôme ce vendredi matin.
Photo COURTOISIE Justine Charland St-Amour a été happée par un camion le 22 août dernier à l'angle de la rue d'Iberville et du boulevard Rosemont. Son vélo a été peint en blanc et sera accroché sur le lieu de l'accident dans une cérémonie de vélo fantôme ce vendredi matin.

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Lorsque les gens passeront devant le vélo-fantôme «tout croche» de Justine Charland St-Amour, sa famille espère qu’ils se souviendront d’une jeune cycliste prudente, qui «était au mauvais endroit au mauvais moment.»

Lorsque les gens passeront devant le vélo-fantôme «tout croche» de Justine Charland St-Amour, sa famille espère qu’ils se souviendront d’une jeune cycliste prudente, qui «était au mauvais endroit au mauvais moment.»

«Justine roulait en ville seulement depuis un an. Elle a eu la piqûre, elle allait travailler dans le Vieux-Port avec son vélo, elle l’utilisait partout. Elle avait vraiment découvert la liberté de rouler en ville», raconte Bernard Pelletier, le beau-père de Justine Charland St-Amour.

Il participera à la cérémonie de vélo-fantôme avec la mère de Justine ce vendredi matin, afin de rendre hommage à la jeune cycliste de 24 ans happée par un camion le 22 août dernier.

Justine Charland St-Amour a été happée par un camion le 22 août dernier à l'angle de la rue d'Iberville et du boulevard Rosemont. Son vélo a été peint en blanc et sera accroché sur le lieu de l'accident dans une cérémonie de vélo fantôme ce vendredi matin.
Photo COURTOISIE

Le vélo peint blanc qui sera accroché à l’angle de la rue d’Iberville et du boulevard Rosemont appartenait à Justine et lui a été offert par son beau-père.

C’est seulement la deuxième fois que le vélo d’une victime, encore «tout croche et pas mal magané par le camion», est réutilisé en vélo-fantôme à Montréal.

«On a du étirer la fourche et la redresser pour pouvoir y remettre la roue», indique Laurent Deslauriers, un des organisateurs de la cérémonie de vélo-fantôme.

Il a été particulièrement touché de voir que la famille de Justine lui offre spontanément d’utiliser son vélo pour qu’on se souvienne d’elle.

«Au début, le vélo, c’était bof, a écrit M. Pelletier dans un texte lu aux funérailles de la jeune femme. Il y avait la côte Berri. Il y avait la sueur. La pluie. [...] Après quelques semaines, on a senti la piqûre chez toi. T’as découvert le plaisir, la liberté qu’apporte le vélo en ville. [...] Et c’est un peu à cause de ce vélo et de cette liberté que tu es morte.»

Une «mission»

Encore dévastée par la perte de sa fille, Martine Charland n’est pas encore capable d’enfourcher son vélo.

«Justine est morte le lundi. Dès le mercredi s’ébauchait le germe d’une action pour que les choses changent. Je me suis dit que j’avais une mission maintenant», affirme-t-elle.

Elle souhaite que les élus comprennent l’importance de faire des réaménagements simples, «mais qui pourraient faire toute la différence», croit M. Pelletier. Il fait d’ailleurs des liens avec la cycliste Mathilde Blais, qui s’est fait happer par un camion sous le viaduc St-Denis en avril 2014. Rappelons qu’une démarche de sécurisation des viaducs avait été entreprise quelques semaines après.

«Tout le monde peut se voir à travers cet accident. Justine n’a pas été téméraire, ni imprudente. Elle était juste au mauvais endroit, au mauvais moment, dans l’angle de la mort du camion», ajoute M. Pelletier

Il croit que des histoires comme celle de Justine pourraient être évitées si les feux de circulation étaient tous dotés une flèche verte, qui donne la priorité à ceux qui vont tout droit, et qui devient un cerle après quelques secondes.