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«On fait ça pour protéger les enfants»

Ils marchent pour un registre des délinquants sexuels

La Marche blanche pour l’établissement d’un registre des délinquants sexuels est partie du Cégep de Sainte-Foy en début d’après-midi samedi pour ensuite se diriger vers l’Assemblée nationale.
Photo Jean-François Morissette La Marche blanche pour l’établissement d’un registre des délinquants sexuels est partie du Cégep de Sainte-Foy en début d’après-midi samedi pour ensuite se diriger vers l’Assemblée nationale.

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Environ 200 personnes ont manifesté samedi après-midi dans les rues de Québec pour demander au gouvernement d’établir un registre public des délinquants sexuels afin d’assurer la sécurité des enfants.

Pour Sophie Dupont, instigatrice de la marche d’hier, tout a commencé en 2004 lorsque sa fille a été victime d’une agression. Depuis ce temps, elle milite en faveur d’un registre.

«À l’âge de 7 ans, ma fille voulait se suicider et justice n’a jamais été rendue», explique-t-elle. Dans le procès de l’agresseur de sa fille, un non-lieu avait été prononcé.

«C’était un voisin qui avait des antécédents qui avait fait ça. Si on avait su, on se serait arrangés pour empêcher que ça arrive.»

En 2007, Mme Dupont a déposé une pétition de 70 000 noms au gouvernement pour lui demander d’agir. Deux ans plus tard, elle a fondé le groupe «Registre des délinquants sexuels au Québec».

Depuis, près de 800 noms de personnes considérées comme délinquantes sexuelles ont été affichés sur les réseaux sociaux. Le groupe de Mme Dupont compte maintenant près de 40 000 membres.

Une question de protection

L’avocat Marc Bellemare était l’une des figures connues de la marche d’hier. Impliqué notamment dans la réalisation d’un documentaire sur la mort de Cédrika Provencher, il milite pour cet enjeu.

«Les parents et les femmes ne connaissent pas toujours le passé criminel des gens qui vivent autour de leur enfant. Si j’étais une femme de 21 ans, j’aimerais ça, pouvoir vérifier le passé criminel des gens qui sont dans ma bâtisse.»

Me Bellemare souligne à titre d’exemple que si Michel Surprenant, le père de Julie Surprenant, disparue en novembre 1999, avait su que l’un de ses voisins était un homme au passé criminel violent, la jeune femme serait peut-être toujours en vie aujourd’hui.

Des risques de dérapage

Plusieurs détracteurs d’un registre des délinquants sexuels croient que l’établissement d’un tel document amènerait les citoyens à se faire justice eux-mêmes. Marc Bellemare n’est pas de cet avis.

«Dans l’actualité, toutes les semaines, on voit des gens qui ont été condamnés. Leur image joue souvent en boucle dans les médias et il n’y a pas de dérapage [...] Je ne vois pas pourquoi ça serait le cas plus tard. C’est simplement une mesure de protection.»

Même son de cloche chez François Paradis, député de Lévis pour la Coalition avenir Québec (CAQ), qui était également sur place.

«Ce n’est pas un outil de vengeance, mais bien de vigilance. Cette information-là ne fait pas partie d’un registre public et elle n’est pas facile à trouver.»

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