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Un professionnel de la santé s’exprime sur les enfants

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J’ai pratiqué la pédiatrie pendant 39 ans à Joliette. Lors des 25 dernières années, j’ai vu la dégradation s’installer tranquillement entre les parents et les enfants. Combien de fois j’ai dû faire noter aux parents leurs paroles inutiles (sans conséquences) pour faire respecter une consigne! Combien de fois j’ai dû riposter envers des parents qui acceptaient que leurs enfants leur parle sur un ton dégueulasse! J’avais même une phrase choc pour ce genre de parents : « il n’y a pas un de mes enfants chez moi qui aurait osé pouvoir penser me parler sur ce ton là! »

Et la consommation de Ritalin est allée en augmentant. Je me permets donc de souligner que déjà en janvier 1988, la Dre Gloria Jeliu, professeur titulaire au Département de pédiatrie de l’Hôpital Sainte-Justine, présentait une conférence à la Commission scolaire des Mille- Iles intitulée :L’Hyperactivité chez l’enfant, maladie, déviation sociale ou trouble d’apprentissage.

Son texte de 15 pages rapportait entre autres, parmi les facteurs :

-Les troubles relationnels. Par exemple, un enfant ne recevant pas d’attention positive dans son milieu familial et qui quête à l’extérieur par tous les moyens, une quelconque forme d’attention.

-Les troubles affectifs. Par exemple un enfant anxieux ou déprimé (en raison de situations présentes dans le milieu familial) peut se caractériser par un comportement très actif, déambulant, touchant à tout, jamais satisfait.

Elle mentionnait diverses caractéristiques telles : inattention, impulsivité, hyperactivité, instabilité, absence d’inhibition, manque de persistance et superficialité, comportement erratique et parfois imprévisible, échec social. L’échec social est fréquemment observé, car ces enfants ne sont pas conscients des indices « sociaux » qui gouvernent les situations habituelles. C’est ainsi que la plupart vont connaître l’isolement social, le rejet et l’abus verbal.

Bref! il faudrait se poser la question : « Est-ce que la déviation sociale (séparation des parents, famille dysfonctionnelle, l’enfant-roi, la violence ambiante généralisée...) ne serait pas devenue la principale cause de l’augmentation du TDHA au Québec?

Charles Martin, M.D. Joliette

Ouf! Quelle question embarrassante mais néanmoins pertinente vous me posez-là! Même s’il est aujourd’hui reconnu que le TDAH est un trouble neurologique qui relève d’une certaine malformation d’origine physiologique, n’est-il pas vrai qu’on associe à ce trouble une flopée de comportements erratiques de la part des enfants, lesquels ne relèveraient pas de ce problème neurologique bien spécifique, mais d’un ensemble de facteurs familiaux et sociaux qui viendraient les perturber et influencer leurs agissements?