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Les vraies affaires

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Quand on parle d’éducation au Québec, on ne parle pas d’éducation. On parle de justice sociale, de syndicalisme, de toilettes pour les élèves transgenres, de tablettes électroniques, de taux de réussite (la chose la plus facile à manipuler au monde), du cours d’ECR, etc.

Dernier ajout à cette liste: le burkini. Interdisons-le à l’école et n’en parlons plus.

Et lorsqu’on s’excite à l’Assemblée nationale, c’est pour dénoncer l’état des écoles, débattre de l’utilité des commissions scolaires ou décrier le manque de ressources pour les élèves en difficulté qui représentent 20 % de la clientèle des écoles publiques.

Il faudrait bien se demander pourquoi avant d’atteindre 50 %.

Le contenu, pas le contenant

Parfois, un enseignant courageux expose sur la place publique le désintérêt des élèves, les chicanes interethniques, la mièvrerie de certains programmes, l’irresponsabilité des parents qui sortent leurs enfants de l’école le temps d’un voyage dans le sud, l’impossibilité d’intégrer tous les élèves en difficulté ou l’indiscipline dans les classes, quand ce n’est pas carrément la violen­ce.

Mais personne en position de changer quoi que ce soit ne parle du contenu des cours. Que des contenants. Quels grands auteurs seront lus en classe cette année? Comment parlera-t-on des conflits dans le monde, du terrorisme? Combien se feront dire que tout est de la faute de l’Occident?

En ECR, va-t-on leur enseigner l’importance de bien se laver avant le sexe oral comme on l’a vu dans le docu­mentaire-vérité Secondaire 5 de Guillaume Sylvestre?

Comment régler le problème de l’analphabétisme qui mine le Québec, 50 ans après la Commission Parent? Personne, à part Jean-François Lisée qui s’attaque aux «vraies affaires» dans son programme Pour une éducation de la vraie égalité des chances.

Et surtout, surtout, qui parle au nom des élèves «ordinaires»? Ceux qui n’ont ni TDAH, ni dysphasie, ni handicap ou qui n’arrivent pas de Syrie complètement traumatisés?

Au nom de l’élève moyen

Autour de moi, et même dans ma famil­le proche, les décrocheurs étaient des élèves moyens, ordinaires.

Pas super motivés, mais pas désintéressés non plus. Le genre d’étudiant qui reste tranquille, de crainte qu’on lui demande de faire un effort, et qui passe à la trappe quand l’enseignant est débordé par les cas lourds.

Les plus brillants, les mieux encadrés à la maison finiront toujours par s’en sortir. Les plus poqués auront toujours besoin d’une attention spéciale.

Mais ils ne seront jamais ignorés. Comme le sont les élèves moyens qui pourraient faire mieux, mais qui finissent par s’ennuyer à mourir et décrocher, du moins dans leur tête.

Le gouvernement veut réinvestir en éducation. Tant mieux. Mais quelle éducation? Combien de temps va-t-on persister avec une réforme qui repose sur une série de mythes pédagogi­ques entretenus par les experts du ministère, mais auxquels les enseignants ne croient pas? Va-t-on continuer à prétendre qu’il n’y a aucune différence entre les filles et les garçons? Que des classes où le quart, voire le tiers des élèves ont des difficultés d’apprentissage ou de comportement, c’est bon pour la socialisation des élèves ordinaires?

Sans oublier le grand tabou en éducation: le décrochage de ces parents qui s’attendent à ce que l’école élève leurs enfants à leur place.

La solution à tout cela?

Les faibles en maths diront «cessons de financer les écoles privées», car ils n’ont toujours pas compris que d’intégrer dans le système public des dizaines de milliers d’élèves du privé, où les parents paient 40 % de la facture, coûterait plus cher à l’État.