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Un miraculé sous le choc

Michel Laplante peine à comprendre comment il a survécu à l'écrasement qui a tué son ami Bob Bissonnette

Michel Laplante a survécu à l'écrasement qui a tué son ami Bob Bissonnette.
Michel Laplante a survécu à l'écrasement qui a tué son ami Bob Bissonnette.

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CAMPBELLTON | «J’aurais partagé les douleurs de ce désastre afin que les deux autres soient en vie.» C’est ce qu’a soufflé au Journal le président des Capitales de Québec, Michel Laplante, hospitalisé à Campbellton, au Nouveau-Brunswick, lundi soir.

Peu d’intervenants comprennent comment il a pu s’en sortir. Encore moins qu’il puisse s’en tirer sans blessure sérieuse. Jean-Yves Raymond, pompier volontaire et ambulancier, a été un des premiers à l’épauler. «Avec un tel impact, oui», ça ressemble à un miracle, dit-il. L’hélicoptère filait à plus de 140 km/h juste avant l’impact.

«Non, je n’ai aucune idée pourquoi je suis vivant. Je ne comprends pas. Non», explique Michel Laplante, avec plusieurs longs silences pensifs. Il est amoché, mais il va bien. Ses pensées vont seulement aux «deux chums» qui l’accompagnaient et avec qui il venait de passer un week-end de rêve. «On est allés à la pêche aux pétoncles le matin et après, on survolait la baie des Chaleurs dans un soleil parfait. C’était serein, c’était tellement beau. On s’est arrêté gazer, on s’est regardé et on est parti à rire. On s’est dit: est-ce que c’est ça la vie? On était heureux.»

L’artiste et son ukulélé

Avant que l’hélico décolle, Bob, a même sorti son ukulélé pour lui jouer deux de ses nouvelles chansons. «J’étais complètement vendu. Il se donnait tellement, comme toujours (...) Bob, pour moi, n’était pas tuable. Les gens qui le connaissent, de penser vivre sans lui dans les prochaines années, avec tous ses projets, c’est dur.»

«Fred, lui, n’arrêtait pas de nous dire comment il tripait sa vie. Il était tellement drôle. Il faisait juste rire. Il était tellement fier d’être pilote et il exagérait sur tout. C’est lui qui nous attachait», raconte Michel.

«Je suis chanceux et profondément triste», poursuit-il. Le tout s’est produit très rapidement. Il se rappelle s’être assoupi quelques secondes en regardant le paysage «et après, un gros désastre».

Pas de souvenirs

«Je me souviens d’avoir pensé à mourir, ç’a duré une seconde. Après, je me suis dit que ce ne serait pas ici. Là, j’ai perdu une minute. Je me rappelle juste être rendu au cockpit.»

Deux hommes sont ensuite venus le secourir. «Je me souviens d’avoir marché sur la pierre glissante dans l’eau et ils m’ont pris dans leur bras en me disant de continuer avec eux, toujours avec leur accent aussi charmant.»

S’il a l’air mal en point, les blessures demeurent superficielles. «Je n’ai rien. Les gens vont me voir et se dire que je suis en morceaux. Mais ce n’est pas vrai, c’est juste mon visage qui est laid et je suis habitué à ça. J’ai juste des cicatrices», ajoute-t-il.

«Je ne peux pas être triste d’être en vie parce que j’ai une famille. Mais la guérison sera difficile parce que j’ai perdu des gens que j’aimais.»