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À la mémoire de Bob Bissonnette

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Je ne connaissais pas Bob Bissonnette. Je ne l’ai jamais rencontré de ma vie.

Pourtant, quand il est mort, j’ai été prise d’une grande tristesse devant cette injustice: pourquoi la mort avait-elle frappé un homme de 35 ans qui aimait tant la vie?

Sur toutes ses photos, il a un sourire grand comme la lune.

Tous ceux qui l’ont connu le décrivent comme un amoureux de la vie, toujours en projet, plus fous les uns que les autres.

Mais il y a une autre raison pour laquelle je trouvais sa mort infiniment triste: il a fallu qu’il meure pour qu’il connaisse son plus gros succès.

HOCKEY DE GARAGE

Après la nouvelle de sa mort, j’ai écouté ses chansons et visionné ses clips.

Première constatation: Bob Bissonnette était un musicien extraordinaire.

Ses chansons sont toutes des vers d’oreille: ce gars-là avait un sens du rythme fabuleux. Je pense entre autres à la mélodie de Mettre du tape su’ ma palette, sorte de trad moderne, qui fait penser aux Cowboys fringants.

Et puis, Bob Bissonnette chantait super bien! Certainement mieux que certaines chanteuses du Plateau qui sonnent comme des chats qu’on égorge mais qui, elles, reçoivent des subventions, sont reçues à la radio publique et gagnent­­ des prix à l’ADISQ, ce qui n’est jamais arrivé à Bob Bissonnette.

Ses paroles? Pas ma tasse de thé, mais il faut dire que je ne suis pas une joueuse de ligue de hockey du mardi. Peut-être que c’est normal que les histoires de Chris Chelios et de «jack strap» me touchent moins.

Mais force est d’admettre qu’il savait faire rimer les mots et danser les phrases.

Et je l’ai trouvé assez audacieux de sortir une chanson qui s’intitule Y sont toutes folles, un 8 mars, Journée internationale de la femme et d’y faire une blague sur Françoise David.

SNOBISME MONTRÉAL-QUÉBEC ?

Le 23 avril 2014, pour son anniversaire, Bob Bissonnette avait donné un spectacle au Palais Montcalm... avec 14 violons. La tenue de gala était obligatoire pour ce concert unique.

Quand j’ai entendu un extrait de ce spectacle, avec une superbe­­ version symphonique de sa chanson La machine à scorer, je me suis vraiment demandé pourquoi on ne connaissait pas plus ce gars-là à Montréal.

Pourquoi a-t-il été snobé à ce point? Il ne faisait pas partie de la bonne clique?

«La carrière de Bob Bissonnette n’a jamais levé à Montréal, mais elle a levé partout ailleurs au Québec», ai-je entendu Jeff Fillion et Dominic Maurais déclarer à CHOI. «Il était boudé par l’industrie, boudé par Montréal, boudé par les radios. Et ça lui faisait de quoi».

Je ne connaissais pas Bob Bissonnette. Je ne l’ai jamais rencontré. Peut-être qu’il aurait trouvé ironique qu’après sa mort, on ait autant entendu ses chansons à la radio et que ses chansons soient si populaires en téléchargement.

Peut-être que «ça lui aurait fait de quoi».

L’ULTIME SPECTACLE

Bob Bissonnette disait qu’à chaque spectacle, il donnait tout, «comme si c’était le dernier».

C’est dommage que sa plus grande représentation, celle qui l’a fait connaître à la une des journaux, soit celle où il a trouvé la mort.