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Desmarais à l’épreuve

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S’il était encore de ce monde, le très discret Paul Desmarais n’apprécierait sûrement pas voir son empire Power Corp faire la manchette avec un controversé placement de l’une de ses filiales.

Alors que Power (POW) vaut 12 milliards en bourse et Corporation Financière Power (PWF) quelque 21 milliards, qu’est-ce qui préoccupe la haute direction de l’empire de la famille Desmarais ces temps-ci?

Le petit placement de sa filiale Sagard Capital Partners dans Performance Sports Group (PSG), le fabricant des équipements de hockey (Bauer), de baseball (Easton), etc.

C’est quoi le problème avec PSG? Non seulement les résultats financiers de cette entreprise américaine font actuellement l’objet d’une enquête de la part de la SEC (Security Exchange Commission), mais en plus, on se questionne sur la forte montée de 30 % du titre de PSG dans l’heure qui a précédé la publication vendredi dernier d’un communiqué de haute importance par Sagard Capital.

PETIT PLACEMENT

Le placement de Sagard dans l’actionnariat de PSG vaut présentement 33 millions de dollars, ce qui est extrêmement «petit» dans le gigantesque portefeuille de Power Corp. Sagard Capital détient 16,9 % des actions de PSG, ce qui en fait le principal actionnaire.

La moitié de ces 7,7 millions d’actions de PSG ont été achetées à la suite de la forte débandade du titre en mars dernier. Le 8 mars dernier, à la suite de la publication de piètres résultats financiers, le titre de PSG est passé de 11,50 $ à seulement 3,90 $. Soit une débandade de 66 % en une seule séance. Sagard a sauté sur l’occasion pour doubler sa position dans le fabricant d’équipements de hockey, de baseball, etc.

À la tête de Sagard Capital Partners, un fonds localisé au Connecticut, on retrouve le petit-fils du fondateur de Power Corp, soit Paul Desmarais III. Nombre d’observateurs voient en lui le prochain PDG de Power Corp.

DES QUESTIONS

Chose certaine, avec le dossier de PSG sur les bras, le jeune Desmarais III va devoir être vite sur ses patins pour pouvoir en ressortir la tête haute.

Le dossier de PSG soulève beaucoup de questions.

La Commission des valeurs mobilières de l’Ontario et la SEC enquêteront-elles sur les transactions effectuées vendredi dernier dans l’heure qui a précédé la publication du communiqué de Sagard, dans lequel M. Desmarais renonçait à devenir membre du conseil d’administration de PSG, tout en signalant que Sagard envisageait la possibilité de participer à la restructuration de la compagnie? Au cours de cette heure, le titre de PSG a explosé de 30 %.

Y a-t-il eu coulage d’informations privilégiées? Et si oui, par qui? Et qui en a profité?

Pourquoi M. Desmarais a-t-il renoncé à devenir membre du conseil d’administration de PSG, alors qu’une semaine plus tôt un porte-parole de Power Corp laissait entendre le contraire?

À suivre...