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Jeux sexuels dans un party à l’université

Les étudiants devaient photographier des seins, lancer des sous-vêtements ou se faire signer les fesses

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GATINEAU | Photographier des seins, participer à un concours de wet t-shirt et se faire signer les fesses sont quelques épreuves inscrites dans un défi lancé aux étudiants de l’Université du Québec en Outaouais lors d’un party jeudi soir.

Le défi «Les 12 travaux d’Hercule» a été organisé par des responsables de la délégation outaouaise qui participera aux Jeux de la communication. Au cours de la fête qui a eu lieu au bar Le Tonik, sur le campus, des gestes osés devaient être commis pour obtenir des points.

Si tu embrasses une fille, un point; si tu prends une photo de seins; un autre point; si tu lances un sous-vêtement au DJ; deux points. Et le «bonus», une épreuve pour laquelle le nombre de points est à la discrétion des organisateurs et participants.

«J’ai vu une fille se diriger vers les toilettes des gars et elle a dit: “Je m’en vais faire un bonus”», rapporte Jasmine Cardinal, une étudiante en travail social présente lors de l’événement.

Témoins choqués

De nombreux témoins de scènes osées ont été choqués et soutiennent qu’il s’agit d’une incitation à la culture du viol.

«Il fallait obtenir des signatures sur le t-shirt, mais quand c’était les filles, c’était toujours sur les seins. [...] Tout le monde est au courant qu’il y a une culture du viol. C’est comme à demi accepté. Nous ne sommes pas contents que cet incident ait eu lieu, mais en même temps, nous sommes contents d’avoir quelque chose sous la main pour dénoncer ces actes», a déclaré Camille Leclerc, étudiante et membre du comité Femmes de l’UQO.

Dans les règlements, il était également inscrit: «Si la police [les organisateurs] vous demande de boire, vous avez l’obligation de boire.»

Vincent Laflamme, étudiant en enseignement, se trouvait au bar universitaire jeudi soir et a lui aussi été choqué par cette compétition.

«Il y a plusieurs filles qui se sont fait dire: “Va falloir que tu boives et faire ce que l’on dit pour t’intégrer.” C’est carrément irresponsable et pas réfléchi du tout», condamne l’étudiant.

Selon la version de l’Association générale de l’UQO, l’établissement a mis un terme au jeu lorsqu’il a réalisé ce qui se passait.

«On dénonce et on s’oppose à ce genre d’activités. Certaines personnes ont tenté de lancer l’activité, mais ça n’a pas levé. Ça a été interrompu immédiatement», a affirmé Philippe Boyer, le conseiller général de l’Association générale des étudiants de l’UQO.

Sanction

Le recteur de l’Université, Denis Harrison, a condamné l’événement et affirme que des sanctions pourraient être prises contre les organisateurs. «Ça va à l’encontre des valeurs de l’Université», a-t-il dit.

Du côté du comité organisateur des 21es Jeux de la communication du Québec, qui auront lieu en mars à Sherbrooke, on se dissocie totalement des événements.

«On trouve cela déplorable. Ça déroge de l’esprit des jeux. Ça ne valorise pas la liberté et l’égalité des sexes. Il y a des moyens de faire des activités dans l’égalité. La participation de la délégation de l’UQO est en jeu s’il n’y a pas un changement au sein des responsables en place», a déclaré Stéphanie Boucher, présidente des 21es Jeux de la communication.

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