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Menace de grève chez les taxis

Les chauffeurs montréalais pourraient abandonner la route si Québec n’annule pas son entente avec Uber

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Photo agence qmi, joël lemay Une quinzaine de chauffeurs de taxi se sont rassemblés hier dans le stationnement d’un restaurant McDonald’s à Montréal. Le 2e homme à gauche est Kamal Sabbah, vice-président du Regroupement des propriétaires de taxis de Montréal.

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Les chauffeurs de taxi de Montréal avalent de travers l’entente entre Québec et Uber, et menacent même de «paralyser la ville» avec une grève générale la semaine prochaine.

«On prévoit déjà une vraie grève générale. Les propriétaires vont récupérer toutes les voitures de taxi et refuseront de circuler toute la journée et toute la semaine s’il le faut [...] Le gouvernement n’a pas été humain avec nous, pourquoi est-ce qu’on serait humain avec lui?» a grondé Mouhcine El Meliani, un chauffeur de taxi qui a déjà orchestré plusieurs actions contre Uber.

Cette initiative reçoit énormément d’appui à travers divers représentants de l’industrie consultés par Le Journal. Ceux-ci disent que les chauffeurs sont «à bout» de ce qu’ils appellent du laxisme de Québec envers Uber, cette entreprise qui permet à tout automobiliste d’offrir des courses payantes.

Benoît Jugand, RTAM
Photo Christopher Nardi
Benoît Jugand, RTAM

«Toutes les options sont sur la table. Ce serait sous-estimer l’industrie que de croire qu’on ne pourrait pas mobiliser tous nos gens en peu de temps pour une telle action», a indiqué Benoît Jugand, le porte-parole du Regroupement des travailleurs indépendants Métallos (RTAM).

D’ailleurs, le RTAM et le Comité provincial de concertation de l’industrie du taxi (CPCDIT) ont confirmé qu’ils étudiaient sérieusement la possibilité de déposer une injonction la semaine prochaine pour bloquer le projet-pilote.

« Système à deux vitesses »

Hier, le gouvernement Couillard a dévoilé l’entente qui permettra à la controversée entreprise américaine de transport de continuer à opérer au Québec pendant un an dans le cadre d’un projet-pilote.

Dans le document, Québec donne notamment l’équivalent d’au moins 300 permis de taxi à Uber pour qu’il puisse opérer en toute légalité (voir autre texte). Ces permis se vendent normalement environ 180 000 $.

«C’est incroyable. Il n’y a aucune équité entre ceux qui ont acheté leur permis et le fait que le gouvernement en offre gratuitement à Uber. Ils ont créé un système à deux vitesses, c’est dangereux», s’est insurgé Georges Tannous, président du CPCDIT, qui demande à Québec de retirer le projet-pilote.

Quelques chauffeurs de taxi ont déjà participé à de petits rassemblements hier à Québec et à Montréal.