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Québec recommence encore à zéro

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QUÉBEC | L’attribution d’un des plus importants et lucratifs contrats du réseau de la Santé québécois est encore retardée parce que Québec est incapable d’attirer la concurrence.

Le contrat en question vise la réforme attendue du financement à l’acte dans le réseau de la santé. On parle ici non pas de financer les établissements de santé sur la base de budget historique comme c’est présentement le cas, mais plutôt en fonction du calcul du volume de patients traités.

Si la décision de plonger dans cette réforme vise à suivre une tendance mondiale, l’octroi du contrat pour mener cette transformation s’avère très difficile.

Une saga administrative

En février, Québec a annoncé son intention d’octroyer 64 millions de dollars sans concurrence à la firme informatique Logibec pour mener les travaux.

La solution de cette firme était la «seule envisageable» selon le gouvernement. Pour annuler le processus, les concurrents devaient prouver qu’ils pouvaient aussi remplir le mandat.

Notre Bureau d’enquête a relevé que des membres du Parti libéral ont frayé dans l’entourage de la firme visée par le contrat. Québec a nié catégoriquement tout favoritisme et assure avoir respecté toutes les règles.

Deux firmes concurrentes se sont manifestées pour dire qu’elles pouvaient aussi faire le travail, soit l’entreprise québécoise Purkinje et la firme australienne Power Health Solution.

En avril, le ministre Gaétan Barrette a annoncé qu’un appel d’offres allait finalement être lancé.

Le processus a donc été démarré en juillet et deux joueurs ont soumissionné, soit Power Health Solution et Logibec. Cette dernière peut d’ailleurs compter sur un partenariat avec la firme IBM, qui a retourné sa chemise après avoir travaillé avec un concurrent de Logibec.

Le bec à l’eau

Finalement, l’offre de Power Health Solution a été jugée non admissible. Logibec devenait donc seule dans la course, mais se retrouve encore le bec à l’eau. Québec a plutôt décidé d’annuler l’appel d’offres, faute de concurrence.

Le nouvel appel d’offres vient d’être lancé et doit se terminer le 21 septembre. Des règles d’admissibilité ont été modifiées pour donner une meilleure chance à des entreprises d’ailleurs.

«On ouvre la concurrence en dehors du commerce intérieur. On veut une saine compétition», explique Sébastien Gagnon, directeur du Groupe d’approvisionnement en commun de l’Est du Québec, qui s’occupe du processus contractuel pour le réseau de la Santé.