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Courir sur sept continents et au pôle Nord

Un athlète de 51 ans originaire de Québec a réalisé cet exploit peu commun

Michel Robitaille alors qu’il partiipait au marathon du pôle Nord en  avril 2012.
Photos courtoisie Michel Robitaille alors qu’il partiipait au marathon du pôle Nord en avril 2012.

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Michel Robitaille fait partie du très sélect Marathon Grand Slam Club, qui regroupe les individus ayant réalisé des marathons sur sept continents en plus du pôle Nord.

Le 20 août dernier, cet ingénieur originaire de la capitale est devenu le premier Québécois – le 83e au monde – à joindre le groupe restreint après avoir complété 42,2 km en Islande. Rencontre avec un passionné qui compte 53 marathons derrière la cravate... et qui a déjà été camelot pour Le Journal!

Quand avez-vous commencé à courir des marathons?

La course à pied, c’est quelque chose d’inné, que j’avais en moi. Jeune, je m’amusais à courir dehors, j’avais besoin d’aller courir. Vers l’âge de 19 ans, j’avais pris du poids, je voulais maigrir. C’est ce qui m’a amené à faire un moment donné une heure de course. Ça a été une révélation pour moi. Je me suis dit: pourquoi ne pas tenter un marathon? À l’époque, en 1984, il n’y avait pas énormément de gens qui couraient, ce n’était pas aussi populaire. Mais j’ai fait mon premier marathon à 19 ans, à Montréal, c’était le seul au Québec.

Le voici sur la muraille de Chine, en mai 2015.
Photos courtoisie
Le voici sur la muraille de Chine, en mai 2015.

Plus d’une cinquantaine de marathons ont suivi. Comment avez-vous gardé la motivation?

La course est toujours demeurée dans ma vie. La seule fois que j’ai arrêté, c’est en 2010, à cause de l’arthrose. J’avais couru 44 marathons, ma carrière était finie. Je m’étais dit que si je devais arrêter de courir, aussi bien le faire, mais après avoir réalisé le marathon que je rêvais de faire, celui du pôle Nord, un voyage qui coûtait quand même environ 20 000 $. Je l’ai fait en 2012.

Comment s’est passée votre course au pôle Nord?

On était peut-être 48 compétiteurs à avoir fait le marathon cette année-là. Ça consiste en un circuit de 4,2 km qu’on fait 10 fois pour deux raisons: un, il peut y avoir des ours polaires, donc c’est une question de sécurité, et deux, comme il fait -30 degrés Celsius, tu ne peux pas envoyer un coureur 21 kilomètres plus loin sans savoir s’il va revenir. Avec la boucle, il était toujours possible de voir les coureurs et d’être sûr qu’il n’y avait pas de problème.

Quelques mois plus, tard, en novembre 2015, l’athlète affrontait le désert d’Atacama, au Chili.
Photos courtoisie
Quelques mois plus, tard, en novembre 2015, l’athlète affrontait le désert d’Atacama, au Chili.

Le marathon du pôle Nord devait être votre dernier. Que s’est-il passé pour que vous continuiez?

J’ai rencontré là-bas des gens un peu fous, un gars qui avait couru 50 marathons en 50 jours, un autre qui était parti du Maroc jusqu’en Irlande en courant un marathon par jour, etc. Il y a des gens qui ont parlé du Marathon Grand Slam Club, qui consiste à faire un marathon sur chaque continent en plus du pôle Nord, qui est le huitième. J’en avais fait en Amérique, il me restait donc six courses à faire. C’est ce que j’ai fait entre 2012 et 2016.

Où votre défi vous a-t-il amené?

J’ai couru l’Antarctic Ice Marathon en novembre 2012, même si j’avais un ménisque de déchiré dans le genou pour lequel je me suis fait opérer en 2013. Après je suis allé à Marrakech au Maroc en janvier 2014. En 2015, j’ai fait la grande muraille de Chine, c’est 5295 marches! En novembre 2015, j’ai couru dans le désert d’Atacama au Chili, qui est à 4500 mètres d’altitude. Je suis allé au marathon de Canberra, en Australie, en avril 2016 et j’ai terminé avec le marathon de Reykjavik en Islande, le 20 août dernier.

Huit jours après le marathon en Islande, vous avez décidé de faire celui de Lévis-Québec. Après 53 marathons, qu’est-ce qui vous attend?

Courir, c’est dans mon ADN comme quelqu’un a besoin de manger et respirer. Penser à arrêter de courir, c’est vraiment difficile. Je ne pense pas que ça sera mon dernier, mais il faut que je ralentisse la cadence. J’ai 51 ans, j’ai couru mon 50e marathon pour mes 50 ans. Disons qu’on pourrait faire sept marathons de plus et terminer à 60 marathons... pour 55 ans, tiens.