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Le retour de Daniel Lavoie

Daniel Lavoie présente son 24e album en carrière, un disque intitulé Mes longs voyages.
photo COURTOISIE RICHARD BALTAUSS Daniel Lavoie présente son 24e album en carrière, un disque intitulé Mes longs voyages.

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Cinq ans après avoir présenté J’écoute la radio, opus sur lequel il revisite ses plus grands succès, Daniel Lavoie est de retour avec Mes longs voyages, un disque de chansons originales ponctué de reprises d’artistes qu’il ­admire comme Félix Leclerc, Alain Bashung et Léo Ferré. Question d’en ­apprendre davantage sur ce nouveau projet, Le Journal s’est entretenu avec son créateur, un auteur-compositeur-interprète qui dit aborder ­chacun de ses albums comme si c’était le dernier.

Vous avez travaillé avec le réalisateur Guy St-Onge, sur ce disque. Comment cette collaboration est-elle née?

Guy et moi, on se «zyeute» depuis longtemps. Il y a 25 ans, il m’avait dit: «Viens-t’en, on va faire un disque». J’avais toutes mes équipes, à l’époque, alors j’avais refusé. Par la suite, nous avons fait la tournée Notre-Dame de ­Paris symphonique en Russie, en Ukraine et en France et j’ai vu comment il travaillait. Ça m’a ­séduit.

Qu’est-ce que vous admirez le plus chez lui?

Il n’y a rien à son épreuve. C’est fascinant de le voir aller. Il peut passer de Stravinsky à Debussy ou Bill Evans... C’est quelqu’un qui est très agréable à côtoyer, quand on fait de la musique.

Quelle direction souhaitiez-vous emprunter, sur le plan musical?

J’ai voulu que ce soit un disque très organique, très naturel. C’est un disque qui a été fait à l’ancienne, avec juste des instruments. La musique, en ce moment, c’est coupé au couteau. Les productions sont très polies. Je voulais quelque chose de plus chaleureux.

Vos chansons ont été écrites à quel moment? En aviez-vous ­accumulé, au cours des dernières années?

Il y en a que je traîne depuis des années, que je n’aurais jamais pensé mettre sur un album. Il y en a aussi des nouvelles, comme Ceci est moi. Ce que je souhaitais, c’était de faire quelque chose de cohérent. Il fallait que ça serve l’histoire.

Parlez-nous de cette histoire...

Il s’agit de la mienne. C’est très simple, au fond. Je commence le disque avec une chanson très ­autobiographique (Baby boom), qui raconte mon enfance. Pour le fun, puisque je suis né en 1949, j’ai demandé à mon fils, qui est très bon en électroacoustique, de me faire un paysage sonore qui ­raconte la première moitié du siècle. Ça l’a amusé beaucoup.

Sur la pièce qui suit, Ceci est moi, un petit garçon chante une partie des paroles, de qui s’agit-il?

Il s’agit du fils de Guy (...) C’était une surprise. Lorsqu’il me l’a ­envoyé, ça m’a fait quelque chose. C’est très touchant. Ça nous ­ramène carrément en enfance.

Et pour la suite?

Je n’impose rien, je propose un voyage à travers ma vie, car c’est ce que je connais le mieux. C’est un voyage dans le sens large du mot (...) À la fin, on retrouve une ambiance sonore qui rappelle la première pièce du disque. C’était pour faire un beau tout. Les gens n’écoutent plus les albums ­jusqu’au bout. À une certaine époque, ça faisait partie du trip. Par contre, je sais qu’il y a encore des gens de ma génération qui écoutent les albums de cette ­façon. Je leur ai fait un disque comme ça.

À quel moment avez-vous amorcé l’enregistrement de cet album?

Ç’a été très long, car j’ai eu des problèmes de santé. Nous avons commencé en septembre 2015. Comme Guy habite l’Îles-aux-Coudres, qui est à l’autre bout du monde, j’ai dû trouver une façon de pouvoir travailler à Montréal. J’ai donc tout enregistré les chansons piano-voix, parfois avec José Major, à la batterie, et j’ai envoyé ça à Guy. C’est lui qui les a habillées. Il joue presque tous les instruments, sur l’album. Il s’est amusé.

Vous dites que vous avez eu des problèmes de santé. Comment ­allez-vous, aujourd’hui?

Bien, j’ai juste eu une infection qui m’a foutu les poumons en l’air. Ce que j’ai eu, ça ne fait pas de métastases, par contre, c’est donc merveilleux. Ç’a juste ralenti un peu mes activités.

Vous allez reprendre votre rôle de Frollo dans Notre-Dame de Paris, dans le cadre d’une nouvelle ­tournée française qui s’amorcera à Paris, en novembre...

On m’a dit que la mise en scène allait être retravaillée, que les costumes seraient nouveaux. J’ai réfléchi pendant quelques semaines et j’ai accepté (...) Ça me tentait de revoir mon personnage, avec la soutane, presque 20 ans plus tard. Évidemment, il n’est plus le même. Il a vieilli et il est un peu plus acariâtre. Il sera ­vraiment méchant, cette fois-ci.


Toutes les informations concernant Daniel Lavoie se trouvent à l’adresse ­daniellavoie.ca.