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Le djihadisme féministe

Kathedrale Notre Dame in Paris zur Blauen Stunde
Photo Fotolia Ce sont des combattantes d’Allah qui ont raté leur attentat à Paris la semaine dernière. Elles voulaient faire exploser une voiture piégée, abandonnée à proximité de Notre-Dame.

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Elles s’appellent Inès, Sarah et Ornella. Ce sont des combattantes d’Allah qui ont raté leur attentat à Paris la semaine dernière. Elles voulaient faire exploser une voiture piégée, abandonnée à proximité de Notre-Dame, la cathédrale emblématique du christianisme occidental. Devant leur échec, elles s’apprêtaient à organiser un autre attentat.

Des femmes combattent en Syrie, en Irak, enrégimentées par Daech. Des femmes radicalisées ont été arrêtées en Espagne. Des jeunes filles ont égorgé des otages dans les zones contrôlées par la même organisation terroriste. Elles ne font pas que des enfants aux combattants. Elles revendiquent désormais leur statut de tueuse.

Celles de Paris parlent d’un «carnage». Tuer des policiers, des civils, des bébés, mais tuer au nom de l’islam. On ne sait pas encore si ces tueuses, tout comme leurs coreligionnaires masculins espérant des vierges au ciel islamique, sont portées par le désir d’y trouver des milliers de puceaux prêts à les faire jouir pour l’éternité.

C’était donc inévitable. Les femmes prendraient du galon au sein de Daech. Pour remplacer les morts, ces hordes de jeunes hommes à la recherche de la mort héroïque, nourris de la haine des mécréants planétaires, y compris des centaines de milliers de musulmans sur les territoires où sévissent Daech et Al-Quaïda

Nouvelle égalité des sexes

Pour être cynique, disons que ces femmes accèdent volontairement à l’égalité des sexes. Ce sont, en quelque sorte, les féministes de l’islamisme. Celles de Paris au premier chef. L’islamologue Mathieu Guidère dans une entrevue au Figaro samedi assure qu’elles peuvent agir de leur propre initiative. Qu’elles n’ont pas besoin de leaders mâles pour les encadrer. Qu’elles revendiquent, somme toute, leur liberté de tuer hors de l’influence des hommes.

Le rockstar des islamistes, Abou Mohammed al-Adnani, tué fin août par une frappe aérienne en Syrie, avait lancé un appel à ses «sœurs» moudjahidines. Celle qui semble la tête pensante du commando de Paris a laissé une note où elle indique qu’elle répond au désir du «beau mec» al-Adnani. «Je vous attaque sur vos terres», a-t-elle écrit aux Français.

Le terrorisme au féminin

Mathieu Guidère, auteur d’un ouvrage essentiel, Le retour du Califat, publié chez Gallimard, a analysé cette «évolution» du djihadisme. Il croit que les attentats à la voiture piégée seront davantage le fait des femmes à l’avenir, car en théorie, le statut de martyr est réservé aux hommes. Ce sont eux qui commettent les attentats suicidaires. Mais on a vu, en pratique, qu’au Sri Lanka ou en Russie, entre autres, des femmes et des fillettes se sont fait exploser.

Que pensent les féministes occidentales, qui accréditent la thèse de la liberté de choix des musulmanes qui portent la burqa dans nos pays, de ce fer de lance au féminin de la terreur islamiste? Ces femmes que Mathieu Guidère estime irrécupérables. Cela signifie que le bon docteur Couillard et le très jovialiste Justin Trudeau peuvent mettre en œuvre toutes les politiques pour combattre les effets du lavage de cerveau des jeunes radicalisés. Mais en vain.

À l’avenir, ils auront aussi affaire à des filles souvent plus instruites que les garçons, plus inébranlables, qui dans leur esprit fêlé exercent leur liberté de femme en massacrant les machos et les féministes d’Occident.