/sports/rio2016
Navigation

Pierre Mainville en famille à Rio

Pierre Mainville
Photo d'archives Pierre Mainville

Coup d'oeil sur cet article

La jeune Chloé avait charmé bien des Chinois avec ses grands yeux bleus à Pékin. Son petit frère Ludovic et elle avaient brisé des cœurs à Londres. Les deux enfants, maintenant âgés de 8 et 5 ans, sont maintenant aux Jeux paralympiques de Rio avec leur maman et leur grand-maman pour une mission bien précise: encourager leur papa escrimeur Pierre Mainville.

Le Québécois, qui s’est qualifié à ses troisièmes Jeux paralympiques en remportant l’or au sabre (catégorie B) aux Championnats des Amériques en mai dernier, trouve important que ces grands événements se passent en famille.

«C’est ça, l’école. Ce n’est pas obligé d’être seulement des mathématiques, mais d’apprendre les cultures et de voir le monde. C’est ce qui est important», a souligné l’escrimeur en fauteuil roulant de Saint-Colomban, tout juste après avoir tendrement serré Ludovic dans ses bras.

Ce petit bonhomme a eu préséance sur les entrevues effectuées dans la zone mixte de l’aréna Carioca 3. Pendant quelques minutes, le statut de père a eu le dessus sur celui d’escrimeur.

Mainville, 10e au monde, a été éliminé en quart de finale par le Grec Panagiotis Triantafyllou, troisième, qui l’a battu 15-6.

«Il était fort, mais moi aussi, j’étais fort. Je n’ai pas fait mon jeu encore une fois. J’étais figé avec mon sabre et je n’ai pas réussi à enchaîner les actions», a admis le Québécois de 43 ans.

«C’est correct, ce qui est important, c’est le chemin entrepris. Je suis très content de ce que j’ai pu réaliser», a-t-il ajouté.

Mauvais départ

En ronde préliminaire, Mainville avait perdu ses trois premiers duels avant de remporter son dernier match, ce qui lui avait permis de passer de justesse au tour éliminatoire.

«Au début, j’étais super nerveux et je ne complétais pas mes actions. J’ai commencé à penser à ma famille et j’étais content. Ça s’est mieux passé ensuite.»

Mainville n’a peut-être pas disputé son dernier match d’escrime, mais il sait que la fin approche. Celui qui étirera sa carrière de quelques mois le fait pour l’avenir de son sport au pays.

«Il y a une nouvelle athlète à Montréal, Camille Chai, alors j’aimerais la mettre sur la bonne voie. Comme il n’y a pas beaucoup de financement en escrime, je veux lui expliquer comment ça fonctionne. Quand elle aura fait quelques compétitions, je me retirerai», a-t-il expliqué.

Après 15 ans d’escrime, Mainville sera prêt pour d’autres défis.

«Les escrimeurs, c’est comme ma famille. Il y a des moments qui ont été plus forts, d’autres moins bien. Ç’a été tripant tout ce que j’ai appris, surtout de mon maître d’armes (Ildemaro Sanchez), qui est mon maître Yoda. Il m’a appris sur la vie et sur moi-même», a-t-il conclu.