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Les policiers applaudis pour leur intervention à Dawson

L’agent qui a touché le tueur garde en mémoire la fusillade, 10 ans après

L’agent Denis Côté n’a pas caché son émotion mardi. Il était aux premières loges de l’intervention policière lors de la fusillade de Dawson en 2006. Il a atteint le tueur Kimveer Gill d’une balle au bras avant que celui-ci ne s’enlève la vie.
Photo pierre-paul poulin L’agent Denis Côté n’a pas caché son émotion mardi. Il était aux premières loges de l’intervention policière lors de la fusillade de Dawson en 2006. Il a atteint le tueur Kimveer Gill d’une balle au bras avant que celui-ci ne s’enlève la vie.

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Les policiers qui sont intervenus lors de la tuerie de Dawson ont eu droit à un chaleureux hommage mardi lors d’une cérémonie pour les 10 ans de la fusillade.

«Nos policiers et policières ont fait preuve d’un courage et d’un sang-froid remarquables et exemplaires», a déclaré le maire de Montréal, Denis Coderre, déclenchant pendant près d’une minute les applaudissements des centaines de personnes rassemblées dans la cour du collège.

Le 13 septembre 2006, Kimveer Gill est entré au collège Dawson lourdement armé, tuant Anastasia De Sousa et blessant 16 autres étudiants avant de s’enlever la vie.

Le policier Denis Côté, qui était aux premières loges du drame, était visiblement ému par les mots du maire et la réaction de la foule. Il y a une décennie, jour pour jour, il atteignait Kimveer Gill d’une balle au bras, permettant à deux otages de s’enfuir.

«La reconnaissance qu’on nous apporte encore aujourd’hui, 10 ans après, c’est saisissant. C’est un honneur. Je n’étais pas préparé à ça», admet-il.

En plus de Denis Côté, quelques autres policiers qui ont vécu le drame étaient présents à la cérémonie.

Le directeur général du collège Dawson, Richard Filion, a aussi souligné leur travail, en rappelant qu’ils avaient sauvé de nombreuses vies.

Kimveer Gill, Tueur
Photo d'archives
Kimveer Gill, Tueur

Son travail

L’agent Côté considère que la police a simplement fait son travail. «Nous avons agi d’une manière professionnelle, du mieux que nous avons pu, avec les moyens qu’on avait. Et ça a donné les résultats qu’on connaît aujourd’hui», dit-il avec modestie.

Même 10 ans plus tard, les souvenirs de cette journée sont encore vifs dans sa mémoire. Le policier considère toutefois qu’il est important de tourner la page.

«Il va y avoir d’autres tragédies du genre dans le futur. Il faut demeurer prêt et équilibré psychologiquement pour faire face à tout ça», explique-t-il.

Selon lui, le courage dont fait preuve la famille d’Anastasia De Sousa, l’unique victime de la fusillade, est encore plus impressionnant. «Ils ont subi une perte ultime, et nous, on n’a rien pu faire», a dit l’agent Côté.

Cérémonie

La cérémonie de mardi s’est déroulée dans le calme et le respect. Une atmosphère sereine régnait dans le Jardin de la Paix, un lieu aménagé dans l’enceinte du collège cinq ans après la tuerie.

Des artistes ont offert des prestations musicales et d’anciens étudiants qui fréquentaient l’établissement ont pris la parole.

Richard Fillion a d’ailleurs tenu à remercier tous les étudiants pour leur résilience.

«Quand ils ont réintégré notre école, leur école, ils nous ont appris comment surmonter cette tragédie», a-t-il déclaré.

Les parents de la victime ne l’oublient pas

Anastasia De Sousa est morte lors de la fusillade de 2006.
Photo d’archives
Anastasia De Sousa est morte lors de la fusillade de 2006.

Les parents d’Anastasia De Sousa ont toujours essayé de s’imaginer où serait rendue leur fille si elle n’avait été tuée par Kimveer Gill en 2006.

«Quelle sorte de carrière aurait-elle, est-ce qu’elle serait mariée, est-ce qu’elle aurait un enfant? On se le demande encore. Mais un jour il faut s’arrêter, sinon on va se rendre malade», confie Louise De Sousa, la mère de la victime.

Beaux souvenirs

Elle et son mari Nelson ne conservent que de beaux souvenirs de leur fille aînée, qui aurait 28 ans aujourd’hui.

Le père d’Anastasia se rappelle encore les longues discussions qu’ils avaient ensemble autour de la table de la cuisine.

«Elle était tellement belle. Elle était très proche de nous. C’était une fille originale... elle était géniale», raconte avec émotion M. De Sousa.

Entourés d’amour

Pour le couple, la cérémonie de mardi a permis de calmer leurs blessures pour un temps.

«Aujourd’hui, on est entourés d’amour, nous et tous les survivants de cette journée-là. Juste d’être tous ensemble, ça fait beaucoup de bien», assure Louise.

Même s’ils n’oublieront jamais leur fille, Louise et Nelson souhaitent maintenant aller de l’avant.

«Nous avons deux autres enfants à élever et une vie à mener. Ce n’est pas toujours évident, mais je crois qu’on arrive à s’en sortir», conclut Nelson.

 

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