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Des simulations médicales pour améliorer la sécurité des patients

Rosa Alicia Paradelo, infirmière clinicienne spécialisée, Danièle Davidson, assistante-chef en inhalothérapie et anesthésie et Nathalie Dulude, conseillère en soins infirmiers, pratiquent leurs techniques sur José, un mannequin dont les multiples complications cardio-respiratoires qu'il peut produire, à l'aide d'un ordinateur, sont proches de la réalité.
Photo 24 Heures, Caroline Lévesque Rosa Alicia Paradelo, infirmière clinicienne spécialisée, Danièle Davidson, assistante-chef en inhalothérapie et anesthésie et Nathalie Dulude, conseillère en soins infirmiers, pratiquent leurs techniques sur José, un mannequin dont les multiples complications cardio-respiratoires qu'il peut produire, à l'aide d'un ordinateur, sont proches de la réalité.

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Les médecins, infirmières et autres professionnels de la santé pourront désormais perfectionner leurs techniques en pédiatrie grâce à un nouveau centre de simulation médicale à la fine pointe de la technologie qui a vu le jour à Montréal.

«Ici, essais et erreurs sont permis, alors qu’on veut que nos soins sur des patients soient sans erreurs», explique Emilie-Ann Downey, résidente en troisième année en orthopédie à l’Université McGill, qui pratique au nouveau centre de simulation pédiatrique à l’hôpital Shriners pour enfants.

«On peut acquérir des habiletés manuelles plus rapidement et développer notre confiance en nous, ajoute-t-elle. Si on fait des erreurs ici, on peut en parler sans conséquence et apprendre de celles-ci.»

Apprendre à réagir pour intégrer les scénarios des situations réelles avec des enfants et gagner de la confiance, que ce soit en chirurgie, en soins infirmiers, ou en inhalothérapie, est l’objectif derrière ce centre ayant coûté 500 000 $, financé entièrement par des fonds privés.

Le niveau de confiance d’Emilie-Ann Downey, résidente en troisième année en orthopédie à l’Université McGill, a augmenté depuis qu'elle pratique au centre de simulation pédiatrique de l'hôpital Shriners pour enfants.
Photo 24 Heures, Caroline Lévesque
Le niveau de confiance d’Emilie-Ann Downey, résidente en troisième année en orthopédie à l’Université McGill, a augmenté depuis qu'elle pratique au centre de simulation pédiatrique de l'hôpital Shriners pour enfants.

 

Mannequin technologique

Faire des points de suture sur des pattes de porcs, traiter des fractures ou pratiquer des manipulations avec des vis pédiculaires sur une fausse colonne vertébrale font partie des situations simulées.

La pratique de techniques cardio-respiratoire sur un mannequin qui représente un garçon de six ans, avec une respiration variée et des battements de cœur différents, le tout programmé sur un ordinateur, change considérablement la façon de travailler des infirmières et inhalothérapeutes.

«Les mannequins sur lesquels on a toujours pratiqué ont seulement un tronc, affirme Rosa Alicia Paradelo, infirmière clinicienne spécialisée. On ne pouvait pas écouter les poumons ni prendre le pouls. Avant, il fallait que je dise à ceux que je formais si la personne avait un pouls, une respiration ou non.»

José, le mannequin ayant couté 50 000 $, peut avoir des réactions dans les yeux et au visage. Dans le cas d’une allergie, sa langue peut enfler. Il pleure, fait des bruits de vomissements et on peut l’intuber par voies nasales et orales. «On devient très près de la réalité avec le mannequin, alors on est capable d’augmenter le degré de difficulté et pas juste s’imaginer, par exemple, qu’un enfant vomi ou que l’entrée d’air à gauche dans sa poitrine ne va pas bien», ajoute Nathalie Dulude, conseillère en soins infirmiers.

Les chirurgiens peuvent pratiquer des manipulations très minutieuses sur une fausse colonne vertébrale pour minimiser les risques sur les patients.
Photo 24 Heures, Caroline Lévesque
Les chirurgiens peuvent pratiquer des manipulations très minutieuses sur une fausse colonne vertébrale pour minimiser les risques sur les patients.

 

Tous les professionnels du secteur de la santé peuvent se perfectionner au nouveau centre de simulation, assure son directeur médical. Des partenariats sont déjà créés avec l’hôpital pour enfants du CUSM et l’Université McGill.

«La simulation médicale existe depuis une dizaine d’années, car la médecine a réalisé que ça minimisait les complications», explique Dr Jean A. Ouellet, directeur médical du Centre de simulation pédiatrique Shriners et chirurgien. Ça permet de pratiquer sans mettre un patient à risques. C’est un changement de mentalité qui ne fait que du gros bon sens.»

On retrouve déjà un centre de simulation à l’hôpital Sainte-Justine et un autre à la faculté de médecine de l’Université McGill.