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Sous le feu des pirates, l’AMA part à l’abordage de la Russie

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Photo AFP Chris Froome dit que ses autorisations médicales sont reliées à l’asthme.

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Le piratage à l’Agence mondiale antidopage (AMA) continue: des données confidentielles de 25 nouveaux sportifs, dont Chris Froome, ont été divulguées jeudi et l’AMA a haussé le ton en demandant à la Russie d’intervenir, accusant les hackers d’être originaires de ce pays.

Cette nouvelle fuite fait suite à une première salve d’informations médicales confidentielles dévoilées mardi, au sujet de quatre sportives américaines en lice aux Jeux olympiques de Rio cet été.

Dans les deux cas, les données divulguées concernent des autorisations d’usage à des fins thérapeutiques (AUT), détenues par les sportifs pour l’usage de certaines substances. Les données qui ont fuité ne prouvent donc aucune infraction ni aucun contrôle antidopage positif puisque les sportifs cités par les hackers ont une autorisation médicale pour utiliser des médicaments inscrits sur la liste des produits interdits.

Des représailles

Plus que les informations qui en sont issues, c’est donc bien la nature et le modus operandi du piratage lui-même qui posent problème.

Car l’AMA en est persuadée: il s’agit là de «représailles» pour lui faire payer sa lutte contre le «dopage d’État» en Russie. De lourdes sanctions ont frappé ce pays cet été puisque nombre de ses sportifs, dont quasiment toute son équipe d’athlétisme, n’ont pas eu le droit de participer aux JO.

«Nous condamnons cette activité criminelle et nous avons demandé au gouvernement russe de faire tout ce qui était en son pouvoir pour que cela cesse», a fulminé Olivier Niggli, le directeur général de l’instance basée à Montréal, dans un communiqué.

Tsar Team

Comme mardi, l’AMA a attribué le piratage au groupe Tsar Team (APT28), également connu sous le nom de «Fancy Bears», qui a publié ces données sur son site. Ce collectif est présenté par les spécialistes comme un groupe d’espionnage cybernétique russe.

Les données piratées émanent du système de gestion et de localisation de l’AMA (dit Adams), qui lui permet d’assurer le suivi des contrôles antidopage des sportifs. L’AMA assure que les mots de passe pour consulter Adams ont été obtenus en piratant des boîtes courriel, ce qui a alors permis l’accès à des informations uniquement limitées aux JO de Rio.

La Russie, elle, a dénoncé les accusations selon lesquelles ces attaques seraient des représailles, et a assuré être prête à aider l’AMA dans la lutte contre les pirates informatiques.

«On ne peut pas lier la lutte contre les cyberattaques au rétablissement des droits des sportifs», a déclaré à la presse la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova, en qualifiant de «déplacées» les accusations de l’AMA.

Froome : « Aucun problème »

Les données dévoilées jeudi concernent 25 sportifs de huit pays: dix Américains, cinq Allemands, cinq Britanniques, une Tchèque, une Danoise, une Polonaise, une Roumaine et un Russe.

Les plus connus sont les cyclistes anglais Bradley Wiggins et Christopher Froome.

«J’ai parlé très ouvertement de ces autorisations thérapeutiques aux médias et je n’ai aucun problème à ce que cette info ait fuité, a réagi Froome dans un communiqué. En neuf ans dans ma carrière professionnelle, j’ai demandé à deux reprises une autorisation thérapeutique pour des problèmes d’asthme, et la dernière fois c’était en 2014», a-t-il ajouté.