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Le monde funéraire ouvert à tous

Les thanatologues ont ouvert leur congrès annuel au grand public

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Un corbillard de Ghostbusters, un autre des années 30 tiré par des chevaux, chambres mortuaires d'époque lointaine; décidément la Corporation des thanatologues du Québec (CTQ) n’a lésiné sur aucun moyen pour démystifier le monde des morts dans le cadre de son congrès annuel.

Et le pari a bien fonctionné alors que pas moins de 700 curieux ont franchi les tourniquets du Centre des congrès de Lévis, dimanche, pour la première journée. Valérie Garneau, présidente du congrès, avoue que le domaine funéraire est encore rempli de préjugés en 2016. Pour son 60e anniversaire, la CTQ a donc choisi d'y aller avec cette exposition osée.

«On travaille avec la mort, donc c’est un sujet que les gens ne veulent pas parler, souligne-t-elle. Aussi, nous sommes des entreprises donc nous avons notre côté mercantile. Finalement, on se retrouve avec deux aspects que personne ne veut vraiment aborder.», explique-t-elle, souhaitant ainsi démystifier cette réalité.

Mme Garneau croit néanmoins que les mentalités changent de plus en plus envers les thanatologues et que des expositions comme celle-ci sont importantes pour mieux faire connaître la profession.

«Oui, il y a un côté mercantile à notre travail, mais on est là pour aider les gens et pour voir à des solutions face au deuil. Les funérailles sont un moment qu’il faut passer, mais ça ne se sert à rien de s’endetter pour cela.»

Une profession qui a beaucoup évolué

La profession de thanatologue a beaucoup changé depuis de nombreuses années, concède Valérie Garneau, qui travaille dans le domaine depuis qu’elle est toute jeune.

Dans sa famille, elle est la quatrième génération à oeuvrer dans le domaine. Selon elle, les plus grands changements viennent de la popularisation de la crémation.

En 1997, lorsqu’elle est arrivée dans l’entreprise familiale, environ 300 funérailles étaient faites par année et près de 200 cercueils étaient vendus. Dimanche, c’est plus de 800 funérailles qui sont célébrées, mais seulement 150 cercueils de vendus, ce qui démontre de la popularité du phénomène.

Le coût moyen des funérailles est d’environ 5000$ dimanche, selon elle.

«La crémation a fait beaucoup descendre les coûts des funérailles parce que si l’on ajoute le prix du cercueil, on peut s’approcher du 8000$», s’exclame-t-elle.

Un technique de crémation par l’eau

Au fil des années, Valérie Garneau note que les techniques se sont raffinés, laissant place à de nouvelles procédures. C’est le cas d’ailleurs de l’aquamation.

Contrairement à la crémation qui utilise le feu pour disposer du corps du défunt, l’aquamation consiste à plonger la dépouille dans de l'eau très chaude, mélanger à du sel et des produits chimiques. Le corps va alors se décomposer plus rapidement. Actuellement, seul un salon funéraire à Granby offre cette technique.

«Ça se veut plus écologique parce qu’il n’y a pas de gaz qui est utilisé», explique Valérie Garneau.

L’événement se poursuit toute la journée lundi.