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Il veut moins de rechutes chez les toxicomanes

serge brochu
Photo Lindsay-Anne Prévost Le chercheur Serge Brochu et ses collègues vont se pencher sur la façon de traiter les dépendances pendant les cinq prochaines années.

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Un chercheur en toxicomanie tente de révolutionner la façon dont on traite les toxicomanes au Québec. Il croit qu’un suivi beaucoup plus long s’impose.

Selon Statistique Canada, une personne sur deux retourne se faire soigner dans l’année qui suit son traitement de désintoxication, ce qui est trop pour le chercheur Serge Brochu.

«Il est possible de croire qu’une proportion de ces personnes présente un profil chronique et nécessite un encadrement plus long», affirme Serge Brochu, le directeur du Centre de recherche et d’expertise en dépendance de l’Université de Montréal.

Avec l’aide d’une trentaine de chercheurs universitaires et d’établissements, M. Brochu cherche la méthode de désintoxication la plus optimale à mettre en place au Québec.

«Pour certaines personnes, un traitement relativement bref est suffisant, explique l’expert. Mais il y en a d’autres pour qui la toxicomanie est chronique et il leur faut une intervention plus longue que 30 jours ou un an.»

Un suivi intense

Le centre de recherche procédera à des entrevues auprès de personnes qui ont des problèmes de dépendance. Il les suivra sur une période de 12 à 24 mois.

Les chercheurs feront aussi appel à des groupes de discussion et à des entrevues avec d’ex-usagers de centres de réadap­tation.

De trop courte durée

Selon l’institut de recherche fédéral américain National Institute on Drug Abuse, les personnes les plus intoxiquées ont besoin d’un traitement d’un minimum de trois mois pour réduire symboliquement leur consommation.

Pour Serge Brochu, la réadaptation en dépendance est un long processus qui demande un suivi. «Il faut que la personne se réadapte — qu’elle change de mode de vie, d’amis, d’activités, explique-t-il. C’est difficile, ça ne se fait pas facilement et il faut les accompagner sur ce plan.»

La thérapie offerte aux toxicomanes qui consomment depuis plusieurs années n’a pas besoin d’être très soutenue. Elle doit simplement être de longue durée et être idéalement exercée par la même personne afin que le patient ait un minimum de stabilité.

La directrice des Maisons Péladeau, l’un des plus vieux centres de thérapie au Québec, n’est pas d’accord avec l’idée que la durée de la thérapie soit une garantie de succès.